Melodia

The Vines

Ivy League – 2008
par Splinter, le 24 octobre 2008
6

Quand on nomme un album Melodia, comme c'est le cas pour le nouvel opus des Australiens de The Vines, on s'attend à un disque aux mélodies extrêmement travaillées, aux harmonies vocales subtiles, à des morceaux d'une douceur infinie. Quand The Vines nomment leur nouvel album Melodia, on se dit que le groupe a enfin tranché entre ses deux tendances principales, en l'occurrence a décidé d'arrêter le gros son, de ranger les grosses guitares, de laisser enfin s'exprimer le talent – réel – de Craig Nicholls, énorme fan des Beatles, à créer de jolies mélodies, comme il l'a déjà fait précédemment ("Autumn Shade", "Autumn Shade II", "Mary Jane", etc.).

Et on n'a pas tout à fait tort. On a même raison pour un titre : "True as the Night", en piste 7. Un morceau pop très bien troussé, dominé par la guitare sèche, des cordes bienvenues et des chœurs fort réussis. Malheureusement, avec ce nouvel album, qui, à l'origine, devait s'intituler Braindead, il y a un peu tromperie sur la marchandise. Vous vous souvenez de Vision Valley, sorti en 2006, dont on avait, à l'époque, souligné le caractère expéditif ? Eh bien rebelote. Comme sur son grand frère, et avec l'exception de "True as the Night", aucun morceau ne dure plus de 2 minutes 53. Comme sur son grand frère, Nicholls joue son parfait rôle de gros branleur, jusqu'à plagier son tube "Get Free" de Highly Evolved, sorti en 2001, avec cette fois-ci "Get Out", qui en est le copier-coller flagrant, jusqu'à ressortir – encore - un "Autumn Shade" ("A.S. III", en l'occurrence). Encore une fois, The Vines enchaînent les titres et balancent au monde leur je-m'en-foutisme assez pitoyable.

A l'image de tant d'autres groupes, The Vines ne parviennent guère à avancer. On ne reviendra pas sur les problèmes de santé du chanteur, qui sont totalement hors sujet. On ne peut que constater que, depuis 2001, les Australiens s'échinent à répéter à l'envi les trois, quatre idées qui ont fait leur réputation avec leur premier album. Quitte, aujourd'hui, à se perdre, à sombrer dans l'anonymat. Ejectés de la major Capitol, les voici aujourd'hui sur un petit label qui leur met sans doute moins la pression, mais qui ne risque pas de les inciter à se dépasser.

Comment ne pas exprimer de regrets à l'écoute de ce nouveau disque ?  Evidemment talentueux, comme en témoignent les efficaces "Manger" ou "Orange Amber", Craig Nicholls est juste un type qui n'a pas envie de s'y mettre. Mec, fais pas ta Manaudou : trouve-toi un producteur qui te mette des coups de pied dans le fondement, prends-toi en mains, sors-nous enfin un album à la hauteur de ton talent et pis c'est tout !