Descending...Where Time Has Ceased To Exist
Witching Hour
Appelez ça de l’ancient black metal, du blackened thrash heavy ou du epic speed, ça reviendra au même : Witching Hour est revenu d’entre les morts sept ans après leur dernier album pour mettre une nouvelle branlée à tout le monde.
La formule demeure inchangée et personne ne s’en plaindra : une voix incantatoire remplie d’émotions (et le mot est faible) dans sa complainte, des lignes de basse ronflantes et un riffing tonitruant, heavy et urbain dans toutes les positions du rapide au très rapide. Trois éléments qui ne fonctionnerait jamais aussi bien séparément mais qui ont toujours donné aux Allemands un langage musical extrêmement fort. Et l’essayer, c’est l’adopter, dès les premières minutes du titre éponyme qui tient lieu de démonstration sanglante : du heavy chatoyant et de de l’héritage punk satanique en masse pour un des meilleurs titres de ce premier semestre.
Sauf que, il y a toujours un mais, Witching Hour avait de quoi hésiter entre ce qui fait le cœur de ses deux ADN. Entre l'immédiateté de son contenu punk et le lyrisme de ses inspirations épiques et heavy, les Allemands ont préféré le trajet long. Et cela ne convient malheureusement pas toujours à la proposition, la plupart des titres se trouvant à tirer la chose en longueur à de nombreux endroits. Ce n’est pas toujours criant à première vue, mais la qualité du tout emportant un nombre insensé d’écoutes compulsives, cela finit par s’entendre que ce troisième album aurait mérité un petit coup de tondeuse (rien n’à voir avec leurs origines) ici et là. L’album se sauve bien avec un contenu très cohérent et globalement assez riche, mais on s’attriste toujours d’avoir l’impression que le groupe a quitté le studio en laissant tourner la machine à riffs pour se prendre un petit café au bar du coin.
On se demande parfois ce qu’ils foutent à lire le Bild en terrasse et à la seconde où la voix revient, c’est de nouveau l’amour fou, le match parfait dans toute cette mécanique. Jusqu’à la prochaine désertion. Ce n’est jamais long - sauf sur “...And Then Came The Flames” qui expérimentent toutes les longueurs sur ses onze minutes - et on ne peut faire autre chose que de les pardonner tant Descending… marche bien sur la l’ensemble de l’expérience. Cela ne nous empêchera jamais de penser avec une certitude basée sur rien qu’avec 25% de matière grasse en moins, cet album aurait encore plus brillé par sa folie punk. L’équilibre est fragile et le tout se joue à pas grand chose, mais du très bon disque à l’album d’une carrière, ce genre détail fait la différence.