MIZUIRO

Tepr

TD Musique - Grand Musique Management – 2026
par Nico P, le 3 juillet 2026
8

Qui est vraiment Tepr en 2026 ? Le remixeur de Yelle qui a traversé les tournées et les années 2000 sans jamais se fixer, l'arrangeur de confiance pour Woodkid, Mylène Farmer ou Bilal Hassani, le compositeur qui signe désormais des bandes son pour Walter Salles, ou bien, simplement, ce producteur obsédé depuis toujours par la fusion des genres, la house, la techno, l'electronica, et qui aime brouiller les pistes ? Mizuiro ne tranche pas, il additionne.

Huit pistes seulement, et c'est précisément là que réside toute la puissance du disque. On n'a pas affaire à un assemblage ni à une simple suite de morceaux, mais à un véritable objet, conçu comme un tout cohérent, où chaque titre annonce celui qui arrive, l'installe doucement, puis le développe. Tepr y marie l'organique et le synthétique avec une fluidité peu commune, sculptant un monde à la fois épuré et chaleureux, presque paradoxal dans ce qu'il cherche à accomplir. "Champs Rouges" capture instantanément l'attention, d'une addictivité folle, le genre de morceau qui vous plonge en plein club sans que vous ayez vu venir la bascule. "What's The F Point Of Moving To LA" a tout d'un futur tube, harmonieux, obsédant, presque miraculeux dans sa capacité à s'ancrer durablement dans la mémoire. "Montée Furieuse", quant à elle, mérite parfaitement son titre : elle fait office de bande son d'une transe, résolument pop, aussi.

Car c'est bien là tout le paradoxe de ce disque d'été qui est aussi un disque d'hiver, qui donne envie de laisser parler le corps (l’été) tout en restant accueillant, presque protecteur (l’hiver). Mizuiro habite, au sens propre, et ne cherche jamais à démontrer quoi que ce soit. Tepr connaît trop bien l'image, le cinéma, l'émotion construite par petites touches, pour avoir besoin de forcer le geste. Il laisse simplement la mélodie faire le travail, et elle le fait remarquablement bien. On pourrait croire qu'après deux décennies de remix, de bandes son et de collaborations en tout genre, Tepr finirait par se dissoudre dans les projets des autres. C'est tout l'inverse qui se produit ici. Un disque personnel, assumé, où l'arrangeur de génie redevient, avant tout, un artiste.