Vapor City

Machinedrum

Ninja Tune  |  2013
9 / 10
par Bastien  |  le 30 septembre 2013

Machinedrum a toujours été présent sur nos écrans radars et placé assez haut dans notre estime. Cependant, à l'annonce de Vapor City, quelques doutes ont pu faire surface: tout d'abord, le dernier EP de Sepalcure (dont Machinedrum est la moitié) ne nous a pas laissé un souvenir impérissable; ensuite, on questionnait l'arrivée sur Ninja Tune, label devenu assez poussiéreux ces dernières années. Ultime raison, un second album est toujours un passage casse-gueule pour n'importe quel artiste, surtout après un excellent Room(s) qui avait fait forte impression. Autant de motifs d'inquiétudes qui seront balayés dès la première écoute. En vérité, c'est encore plus zinzin que ce que l'on espérait. C'est bien simple, Vapor City peut déjà être considéré comme un des grands albums de 2013. Et c'est pas comme si la concurrence n'était pas rude dans la division dubstep / footwork / r'n'b revisité. Pourtant, Travis Stewart joue avec tous les codes de ces genres, en y insufflant un esprit plus pop sans pour autant nous livrer un produit plan-plan. Belle performance à mettre à l'actif de l'Américain donc. Ici, l'album étonne par sa capacité à conserver la même énergie et le même souffle tout au long de ses dix titres titres. Et de fait, Vapor City viendra vite s'infiltrer dans chacun de vos neurones pour les faire danser - du concentré de « brain dance » en somme. D'ailleurs, le côté cérébral, on le retrouve jusque dans les fondements même de Vapor City, qui est un album-concept basé sur la fondation d' «une ville de rêve, pas seulement ma ville de rêve, mais celle de n’importe qui. C’est devenu un rêve si récurrent dans ma vie que j’ai commencé à en créer la musique, une collection de chansons représentant chacune un quartier de la ville » comme nous l'explique le producteur de Caroline du Nord. En effet, chaque morceau pourrait ressembler à un quartier avec son identité propre, du coin craignos rempli lascars pour « Gunshotta », à l'agitation d'un centre-ville sur « Rise n'Fall », en passant par le quartier caché et secret de « Center Yr Love » ou les déambulations nocturnes de « Baby Its U ». Avec Vapor City, Machinedrum a bel et bien réussi a fournir un album très visuel et sensible. On déambule un peu hagard dans cette ville faite de vices et de vertus, et le disque exerce sur l'auditeur un sentiment étrange assez indescriptible. Croyez-nous, vous allez revenir sur cet album comme un poivrot sur son litron.