Woke On A Whaleheart

Bill Callahan

Drag City  |  2007
6 / 10
par Nicolas  |  le 10 septembre 2007

(Smog) entre parenthèses (au propre comme au figuré), Bill Callahan nous revient, sous son propre nom cette fois, avec Woke On A Whaleheart. Etant déjà à son treizième album, le résidant d’Austin offre donc un successeur à A River Ain't Too Much To Love dont la beauté acoustique à fleur de peau a rythmé le quotidien de nombreux amateurs de folk bien rèche. Et s’il fait tomber le pseudonyme, Bill Callahan n’en désosse pas pour autant une musique qui se voit, sur Woke On A Waleheart, arrangée à n’en plus finir tout en bénéficiant d’une production qu’on ne lui connaissait pas auparavant.

Mais comme souvent, le programme s’avère bien plus alléchant sur papier que dans les faits. Après écoute, on peut même oser la comparaison avec la démarche d’une certaine Chan Marshall (aka Cat Power) sur son dernier The Greatest : présence d’un backing band, d’un chœur gospel, d’un grand nombre d’instruments pour un résultat trop arrangé, trop produit et surtout très consensuel. Pour parachever le tout, Bill Callahan semble, à l’instar de Cat Power, plus épanoui et apaisé que par le passé et cela l’éloigne donc de la mélancolie sirupeuse d’A River Ain't Too Much To Love. Pourtant, c’est ce qui faisait le charme d’un songwriter parvenant à nous glacer le sang au seul son de sa voix, celle-ci étant proche de l’Américain Leo Kottke. Bien que ce nouvel album semble prédestiner Callahan à un plus large public, on trouvera tout de même quelques morceaux à se mettre dans les oreilles comme le tournoyant "Diamond Dancer" ou "Sycamore". Mais voilà, cette luxuriance (que ce soit dans la production ou dans les arrangements) ne sied pas à l’univers d’un homme réputé pour son côté taciturne. Est-ce que sa relation avec la harpiste Joanna Newsom y est pour quelque chose ? Impossible bien sûr d’y répondre. En tout cas, les morceaux de Woke On A Whaleheart gagneraient énormément à être joués dans leur plus simple appareil, sans toutes les fioritures qui les entourent. En conclusion, on se plairait donc à écouter les morceaux de Bill Callahan s’ils étaient réinterprétés par Smog… L’inverse serait un crime !