Ce weekend, Charli XCX a enfoncé le dernier clou dans le cercueil du Brat Summer
Alors qu'on ne sait plus où donner de la tête en cette période pré-estivale et ses sorties pop et dance toutes plus survoltées les unes que les autres (Slayyyter, Zara Larsson, Dorian Electra, Namasenda), voici que Charli XCX place ses pions en teasant la sortie de son nouvel album avec deux morceaux sortis coup sur coup.
Le premier single "Rock Music" (un beau titre à la con) a pas mal déchaîné les passions par son côté provocateur qui n'est pas sans rappeler ses amorces les plus explosives ("Vroom Vroom", "Good Ones", "Von Dutch"). Le clip est archi-référencé, avec une esthétique qui mêle vibe indie sleaze et New York fantasmé où aimait zoner Lou Reed dans les 70's (une idole de Charli qui fumait pas mal, ce qui explique peut-être certaines scènes du clip).
Il en résulte une fougue particulièrement jubilatoire, avec ses élans de liberté et cet esprit fédérateur propre à l'univers de Charli XCX, et dont on retrouve la meilleure démonstration dans les paroles du premier couplet. Dans ce morceau très ramassé et catchy, Charli nous rappelle avec beaucoup d'ironie qu'elle n'est pas BFF avec cette grande saucisse de A.G. Cook pour rien. Et puis il y a ce refrain glitché, évidemment tourné en dérision sur les réseaux sociaux, qui précipite en mode auto-sabotage la fin du morceau et l'explosion du quatrième mur, au sens propre comme au figuré, avec cette troupe de clubbers tout droit sortis de la pochette du Die Lit de Playboi Carti. Cette manière de jouer avec les mises en abyme semble faire écho à la démarche entreprise avec son mockumentary The Moment - disponible le 29 mai sur HBO Max.
Sur "I Keep Thinking Bout You Every Single Day And Night" (visiblement toujours le même plaisir à choisir des titres la con), on retrouve la même ambiance. En revanche, les paroles sont cette fois plus cryptiques, avec des propos traitant de la friendzone et de queerbaiting, le tout saupoudré d'une référence cinéphile de sachant·e (voir le compte Letterboxd de Charli). Une chose est sûre en terminant enfin d'écrire cette bafouille probablement beaucoup trop longue : avec tout ce que cette stakhanoviste de Charli est encore en train de nous préparer, on n'est pas prêt d'arrêter le Charlimaxxxing sur ces pages.