Trust

Kaito

Kompakt  |  2009
7 / 10
par Simon  |  le 7 janvier 2010

Si beaucoup semblent aujourd’hui adorer le label allemand Kompakt, peu savent sans réfléchir citer dix noms de producteurs fidèles à l’écurie de Cologne. Bien sûr il y a The Field, Superpitcher ou Dj Koze (les vétérans n’oublieront pas de mentionner Wolgang Voigt), mais Trust est l’occasion pour rappeler à tous l’omnipotence d’un homme comme Kaito au rayon des stars indémodables du crew teuton. Lui, l’homme aux treize sorties pour le label, valeur mercantile avérée dans certaines régions du globe (qui a dit le Japon ?) et auteur du chef-d’œuvre « Beautiful Day ». Le fils d’Hiroshi Watanabe – qui a pour habitude de squatter les pochettes de son père – a bien grandi et donne le signal imagé d’un disque abouti, produit respectable de la part d’un homme qui n’a plus rien à apprendre des machines.

Et c’est sûrement là que le Japonais a fauté : car en se reposant sur ses formules magiques, celui-ci a donné autant de couleurs que de limites à sa musique. Evidemment, commencer une chronique en soulevant l’unique défaut de Trust n’est pas de nature à mettre le lecteur en confiance, donc reprenons depuis le début. Kaito pratique une techno hybride aux relents assumés de trance, il est un mélodiste avéré et le petit malin n’est presque jamais prenable en défaut. Ses avancées électroniques sont pleines de grâce et de beauté et avec lui le ciel ne semble jamais assez haut pour aller y glisser des tracks aux ambiances crépusculaires. Et quand la machine semble tourner à plein régime, les claviers à la limite des étoiles, le Japonais possède encore la ressource de gravir encore un échelon supplémentaire lui permettant de mettre ses compositions hors de portée de toutes critiques. Tout ceci sont des faits avérés que nul ne pourra contester, pas même avec cette nouvelle livraison. Les neufs tracks de Trust sont en effet à nouveau bien parties pour squatter votre cerveau les mois à venir.

Mais qu’est-ce qui cloche alors pour que le chroniqueur ait eu l’idée saugrenue de commencer sa chronique à l’aide d’une critique ? Eh bien tout simplement le fait que Trust est un véritable grimoire de ficelles techno/trance certes infaillibles, mais éculées. On voudrait aimer cette nouvelle pépite, d’ailleurs on y arrive rapidement, mais Trust s’apprivoise aussi vite qu’il arrive à son maximum. A peine découvre-t-on le fond de ces neuf titres que les grosseurs se révèlent à mesure que les écoutes se répètent. Doit-on clouer Kaito au pilori pour avoir cédé à une si belle efficacité ? Pas vraiment car le Japonais a suffisamment insufflé de vie et de mélancolie à ses compositions pour passer le cap de la critique, Trust regorgeant de toutes parts d’ascenseurs émotionnels, de kicks embrumés et de claviers solaires pour passer l’hiver au chaud. Bref, on voudrait le détester et pourtant cette nouvelle livraison du vétéran est bel et bien à recommander aux amateurs de belles émotions.