This New Day

Embrace

Independiente  |  2006
6 / 10
par Popop  |  le 21 février 2006

Ce n’est pas vraiment nouveau, les Anglais d’Embrace n’ont jamais été très forts pour choisir les titres de leurs albums et encore moins les visuels qui allaient avec. Mais là, il faut bien avouer qu’un nouveau palier a été franchi avec l’hideuse pochette de ce cinquième opus au nom ridicule, This New Day. De deux choses l’une, soit la coupe du monde des clichés a été lancée, soit le groupe manque singulièrement de goût et/ou de recul pour se rendre compte du niveau catastrophique de ses choix. Jusque-là ce n’était pas bien grave parce que le contenu du disque contrastait sérieusement avec son packaging, mais aujourd’hui il y a comme un petit problème : les deux vont plutôt bien ensemble.

Pour remettre les choses dans leur contexte, et parce que chez nous le groupe n’est plus distribué depuis belle lurette, il faut savoir que le dernier album du groupe, le très bon Out Of Nothing s’est vendu par centaines de milliers en Angleterre et a vu le groupe des frangins McNamara revenir en force sur le devant de la scène. Le moral et le compte en banque gonflés à bloc, le quintet est donc rentré en studio avec Youth, déjà croisé aux côtés de U2 et avec lequel ils avaient travaillé pour leur premier album The Good Will Out.

Le résultat est malheureusement assez logique : si le groupe a, comme à son habitude, composé une poignée de pop-songs imparables ("Celebrate", "No Use Crying"), le tout est gâché par une production boursouflée et épuisante. Là où "Nature’s Law", le premier single, aurait pu se contenter d’un simple piano, on se retrouve avec une chorale gospel, des nappes de violons, un mur de sons clinquants et parfaitement inutiles... Idem pour les passages plus rock : plutôt que de se contenter de quelques riffs bien sentis, on joue la carte de la disto, on abuse des pédales et on noie les mélodies sous des effets débiles.

Bref, tout ça manque de simplicité et comme sur la fin on se retrouve avec deux morceaux franchement nazes ("The End Is Near" et la chanson-titre), l’impression laissée par ce cinquième opus n’est pas des plus flatteuses. On pourrait presque ranger This New Day à côté du dernier Starsailor, un autre modèle de production à la truelle, si quelques refrains entêtants ne venaient pas sauver le tout. Car oui, bizarrement, on y revient quand même à ce disque même si l’envie de lyncher Youth se fait un peu plus pressante à chaque écoute.