The Invisible Invasion

The Coral

Epic  |  2005
7 / 10
par Popop  |  le 21 février 2005

Pour un groupe aussi prolifique que The Coral, il est assez amusant de sortir un disque intitulé The Invisible Invasion. Car avec quatre albums en quatre ans, en comptant Nightfreak & The Sons Of Becker, brouillon sorti précipitamment début 2004, les Anglais sont tout sauf invisibles. Pour l’invasion en revanche, malgré une solide base de fans et des critiques enthousiastes à chaque sortie d’album (cf Magic & Medicine en 2003), il y a encore du pain sur la planche pour atteindre le succès phénoménal de Coldplay ou des White Stripes (pour ne citer que deux groupes de retour en ce moment avec de nouveaux albums).

The Invisible Invasion sera-t-il le tournant décisif de la carrière de The Coral ? On en doute franchement, tant cette nouvelle livraison ressemble à s’y méprendre à un condensé de leurs deux premiers disques. Avec Geoff Barrow et Adrian Utley de Portishead à la production, on s’attendait pourtant à une véritable révolution sonore, à un mariage d’idées et à des expérimentations en tous genres. Au lieu de cela, on a droit à un statu quo surprenant, à se demander si Ian Broudie n’est pas venu mixer en cachette l’album avant que celui-ci ne parte en pressage.

Heureusement, la qualité d’écriture du groupe n’a pas faibli d’un pouce, assurant ainsi le minimum syndical avec un rien d’arrogance et beaucoup de talent. Le premier single "In The Morning", d’une simplicité déconcertante, est de ces mélodies qui vous trottent dans la tête des journées durant, tandis que "Arabian Sand", avec son riff hypnotique, devrait peser son poids en cacahuètes dans la course au prochain single. Dans l’ensemble, le groupe reste fortement inspiré par les La's (qui comme par hasard se reforment cette année) ou encore Arthur Lee et Love, et peine à dépasser le carcan de la pop-song de 3 minutes, genre dans lequel il excelle mais commence à tourner en rond. Si aujourd’hui le plaisir est encore évident, il y a peu de chances que la magie opère encore avec un ou deux 'surplace' supplémentaires. Gageons que The Coral fera le bon choix au bon moment.

Le goût des autres :

note : 66/10Splinter