Four

Bloc Party

Cooperative Music  |  2012
7 / 10
par Laurent  |  le 7 septembre 2012

Rappelez-vous: les quatre Anglais (intellos paraît-il) avaient fait sensation en 2005 avec un premier album, Silent Alarm, qui peut s’enorgueillir de figurer parmi les meilleurs de cette année-là, voire de la décénnie. Après, comme une grande histoire d’amour commencée précipitamment, vinrent les premières grandes déceptions avec un deuxième et troisième albums franchement moyens, pour ne pas dire plus. Leur post-punk était devenu mou du genou et on s’ennuyait ferme.Ça allait tellement mal que le chanteur Kele Okereke se lançait dans une carrière solo, pas plus réjouissante d’ailleurs, malgré (ou à cause de) l'utilisation abondante de synthés... On disait le groupe mort et la carrière de son chanteur hésitante. Les voilà de retour. On s'en fout ?

C’est un peu sans illusion mais avec une curiosité malsaine que l’on écoute ce Four bien nommé et bourré de sous-entendus pseudo-intellos à la noix. Le packaging rappelle le premier album de The Music, disparu dans les affres de l’oubli (un signe?), avec en guise d’étiquette aguicheuse Alex Newport (Death Cab For Cutie, The Mars Volta, At The Drive-In). Enfin, le disque est enregistré aux USA, à New-York. Yeah. Pourtant, on est agréablement surpris dès la première écoute et au fil des titres. Le son est costaud, les guitares acérées, la batterie furibarde, la rythmique bien au point et le chant de Kele Okereke plus ambitieux qu’à l’accoutumée, avec des changements assez audacieux. De nombreux groupes viennent à l'esprit, avec en tête The Mars Volta (ben tiens), Faith No More et Muse (à l'époque où le groupe était encore fréquentable il s'entend...).

On croirait presque avoir affaire à un groupe de grunge. C’est d'ailleurs la critique principale que formule Pitchfork, très – trop – sévère avec sa note en dessous de 5. Si ce Four était arrivé juste après Silent Alarm, beaucoup auraient été enthousiastes et n’auraient pas laissé tomber l'affaire.  Alors, c’est vrai, cet album arrive probablement trop tard et écorne la crédibilité du groupe, mais mieux vaut tard que jamais. L'avenir dira s'il s'agit d'un coup dans l'eau avant disparition ou d'un réel sursaut qui comptera dans la carrière du groupe. Et puis, par les temps qui courent, un bon petit disque qui met les guitares en avant, ça fait du bien et ça colle bien à notre époque. Bref, on apprécie les efforts du groupe, qui semblent pour le coup sincères. 

Le goût des autres :

note : 66/10Maxime note : 77/10Amaury L