Brace, Brace

Chikinki

Urban Cow / Playout  |  2008
7 / 10
par Popop  |  le 21 février 2008

Il paraît que la pop britannique a enfin évolué. Et il paraîtrait même que c’est bien. Enfin, c’est en lisant un article qui citait pêle-mêle Pete Doherty, Amy Winehouse, Klaxons, et Duffy que j’ai appris ça. Un article fort instructif au demeurant et qui m’a permis de me rendre compte que, pour vendre, la pop se cache désormais sous des étiquettes plus branchées (new-rave, new-soul, new-punk pour les plus simples) et s’appuie sur deux leviers marketing imparables : le look et les faits divers… Par contre, le côté évolutif de la chose ne m’a pas paru follement évident à la lecture de ces quelques lignes.

Pourquoi cette introduction vaseuse avant de vous parler du nouvel album de Chikinki ? Parce que ce groupe a été classé par je-ne-sais-qui dans les catégories – je cite – « space-rock » et « electrobeat » avec une forte influence « new-wave ». Et que ce qui crache de mes enceintes au moment même où j’écris ces mots est de la pop. De la pure pop britannique comme en faisaient les Kinks dans les années 60 ou Supergrass et les Super Furry Animals (deux influences évidentes) dans les années 90. Et pas de la new-wave baveuse malgré l’omniprésence de deux claviers tout au long de ces 15 titres. De la pop ! P-O-P !! Appelons un chat un chat bordel !

Je sais ce que vous vous dites : qu’est-ce qu’il vient nous gonfler avec sa guéguerre sémantique qui n’intéresse qu’une poignée de branquignols à frange abonnés aux Inrocks ou au NME (en fonction du côté de la Manche où ils se trouvent) ? Eh bien sachez, jeunes impertinents (ou vieux d’ailleurs, ça vaut pour vous aussi), que sans la commande expresse qui m’a été faite pour cette chronique, je serais complètement passé à côté de Brace, Brace et des tueries pop que sont "You Said", "Hello Hello", "Oh My God", "You Make It Look Easy" ou encore "Sunrise". Simplement parce qu’à force d’inventer une nouvelle étiquette et un nouveau tiroir pour chaque groupe, juste pour faire branchouille, on finit par ne plus s’y retrouver.

Bref, tout ça pour dire que Chikinki, c’est de la bombe, bébé, un groupe qui vous ferait presque oublier la séparation d’Alfie et de Gorky’s Zygotic Mynci. C’est frais, c’est ensoleillé, c’est fun, c’est plein d’énergie et surtout ça pète pas plus haut que son cul (ce qui en soi est un miracle pour un groupe britannique en ce moment). Et même si c’est parfois un peu décousu, c’est tellement spontané qu’on y retourne. Bristol rules !