Almanac

Widowspeak

Captured Tracks  |  2013
8 / 10
par Michael  |  le 27 mars 2013

On va d’emblée évacuer la remarque qui reviendra à chaque fois que vous lirez un papier sur Widowspeak, si tant est que vous en lisiez plusieurs: oui, il y a une très forte ressemblance entre la voix de Molly Hamilton et celle de Hope Sandoval, et il est certain que Mazzy Star partage certaines influences communes avec le duo (là aussi similitude) de Brooklyn. Ceci étant dit, on va s’arrêter là car il y a des choses plus intéressantes à raconter que passer son temps à faire des comparaisons, un des petits péchés mignons du critique. Déjà la pochette vaut le détour. Vous la trouverez horrible, ridicule, trop cliché ou alors telle qu’elle a certainement été conçue, à savoir un clin d’œil malicieux à une musique et une esthétique d’un autre espace-temps (le soft rock et la Californie des années 70). Une manière de dire, non sans humour et élégance : "Oui, voilà comment nous sommes, comment nous sonnons et nous l’assumons". Si vous êtes revêches à cette musique et cette période longtemps décriée par tous les gardiens du temple indé-punk, ceux-là même qui aujourd’hui encensent depuis quelques années ce son californien « so cheesy » et présent chez tellement de groupes actuels (de Midlake à Tame Impala, de Phoenix à Metronomy), ne passez pour autant votre chemin, ce serait dommage. Car il y aura deux choses que vous ne pourrez nier : un sens de la mélodie imparable allié à une maîtrise de l’ornementation et des arrangements des plus voluptueux. Des arrangements riches essentiellement réalisés à base de guitares, mandolines et claviers, un soin apporté aux détails auquel Robert Earl Thomas ne doit pas être étranger. On ne trouvera donc pas grand-chose à jeter sur Almanac, voire rien. De la très belle introduction "Perennials" aux tubesques "Dyed In The Wool" et "The Dark Age" en passant par l’onirisme de "Thick As Thieves", tout fonctionne et porte la marque d’une assurance et d’un savoir-faire somme toute assez bluffant pour un groupe qui a à peine plus de deux ans d’existence. Pour un effet optimal, à utiliser de préférence en brûlant un bâtonnet d’encens senteur « Patchouli-basilic » et en fumant une cigarette conique électronique accompagnée d’un tchaé fait maison.