One Thousand Pictures

Pete and the Pirates

Stolen  |  2011
6 / 10
par Jeff  |  le 29 juillet 2011

Le nouvel album de Pete & the Pirates est sorti il y a quelques semaines déjà, et vu l’affection que l’on porte pour le groupe de Reading, on aurait vraiment voulu vous en parler aussi rapidement que possible. Le problème, c’est que quelques rapides écoutes d’un disque de Pete & the Pirates ne permettent pas d’établir un diagnostic qualitatif digne de ce nom. Pourtant, on pourrait penser que ce mélange de power pop et de punk à la Buzzcocks ne nécessite pas trop de temps pour révéler ses charmes. Mais le précédent disque des Anglais ayant s’étant avéré être tout bonnement indispensable au fil du temps, on a préféré y aller tranquillos avec cette seconde fournée, d’autant plus que les premières impressions n’étaient pas forcément bonnes.

Pourtant, ce n’était pas faute de nous avoir mis dans des conditions idéales pour aborder ce One Thousand Pictures plutôt attendu. Quelques semaines avant sa sortie, le groupe piloté par l’hyperactif Thomas Sanders (on vous conseille toujours son projet parallèle Tap Tap) nous avait carrément mis l’eau à la bouche avec « United », le genre de bombinette straight to the point qui nous rappelle qu’on a sûrement un disque des flamboyants Futureheads qui traîne sur une armoire et qui mérite bien un dépoussiérage en règle. Ce « United » servait en fait de lien rêvé avec les plus efficaces pépites de Little Death, « Knots » et « Mr. Understanding » en tête. Une transition en douceur en quelque sorte. Et ce qu’on aime sur ce genre de titres, c’est que le travail de songwriting, bien qu’impeccable, a l’intelligence de se faire discret pour que le potentiel énergique des morceaux s’expriment pleinement. Et c’est la plus grosse erreur que l’on constate sur One Thousand Pictures : nos pirates donnent surtout l’impression de s’être fixé pour objectif d’un peu intellectualiser le propos, de nous montrer qu’il peuvent vraiment écrire de bons morceaux – comme si on ne le savait pas, bordel. Cela donne des titres qui manquent complètement de mordant et préfèrent se regarder le nombril, pendant que nous, on se dit qu’on est peut-être en train de se faire avoir par des mecs qui veulent être perçus pour ce qu’ils ne sont fondamentalement pas.

Alors voilà, nous avons écoute One Thousand Pictures un nombre suffisant de fois pour nous faire une idée bien arrêtée sur le sujet. Certes, nous aimerions vous dire qu’on se trompe peut-être et qu’il se cache derrière ces titres un peu trop mous du genou un grower en puissance. Mais on en doute fortement. Attention, tout n’est évidemment pas mauvais sur One Thousand Pictures, il y a même quelques titres extraordinairement percutants qu’ils nous tarde déjà de découvrir en live, à l'image de « Cold Black Kitty », « Little Gun », ou « Washing Powder ». Ca tombe bien, le groupe sera de retour par chez nous à l’automne. En attendant, on fera surtout tourner Little Death sur la platine.