What's Life Without Losers

Mikhael Paskalev

Pretty Boy Floyd Records  |  2013
8 / 10
par Jeff  |  le 22 décembre 2013

Je viens d’aller vérifier dans les archives de ma boîte Gmail: c’est le 12 septembre 2012 que j’ai contacté pour la première fois le management de Mikhael Paskalev. A l’époque, on était tombé un peu par hasard sur l’excellent single « I Spy », et on aurait bien vu le songwriter norvégien participer à l’aventure Jeunes Pousses – le bougre aurait pu alors apparaître aux côtés de Petite Noir, HAIM ou Thomas Azier.

Mais à l’époque déjà, une sortie de son premier EP était dans les tuyaux en France, avec EMI et Polydor sur le coup. L’EP allait débarquer et l’album suivrait à l’automne. Mais si l’industrie du disque s’imagine que le public prend autant de temps qu’elle avant de poser ses choix, elle ne doit pas s’étonner de se prendre le mur de face et de ramasser misérablement ses dents. Parce que par chez nous, ce n’est que ces dernières semaines que l’EP de Mikhael Paskalev est enfin sorti. Quatre titres tous excellents certes, mais qu’on a usé jusqu’à la corde depuis belle lurette. D’autant plus que l’album What’s Life Without Losers lui, il est sorti en février 2013 en Norvège, où il s’est par ailleurs vendu comme des petits pains.

Et on comprend assez logiquement l’engouement pour ce premier effort de l’artiste d’origine bulgare, aujourd’hui exilé à Liverpool. En effet, on retrouve sur What’s Life Without Losers tout ce qui fait le succès de la scène indie nordique. En gros, vous prenez une absence totale de prise de risque, une digestion impeccable d’influences anglo-saxonnes, et une interprétation qui ne laisse en rien transpirer les origines. En d’autres termes, on retrouve chez Mikhael Paskalev tous les ingrédients qui ont fait le succès d’un groupe comme Peter, Björn & John. Dans le cas du Norvégien, c’est aussi du côté de Bob Dylan, des Beatles ou de Paul Simon que l’on retrouve les emprunts, tous passés à la moulinette de la modernité pour un résultat aussi peu prévisible qu’efficace et varié. Quant aux « Young Folks » et autres « Let’s Call It Off » de Writer’s Block ils sont ici remplacés par le « I Spy » susmentionné, « Dust », un « Susie » qu’on jurerait pompé à The Tallest Man On Earth ou le morceau-titre d’un album qui joue la carte de la variété sans jamais indisposer.

Le hic, c’est qu’il vous sera bien compliqué de trouver What’s Life Without Losers dans les crèmeries traditionnelles, et que ce n’est certainement pas le genre de la maison d’encourager au téléchargement illégal. Après, vous êtes (pour la plupart) majeurs et vaccinés. Aussi, on vous conseillera d’abord de vous procurer le I Spy EP pour vous faire une petite idée du talent assez fou de Mikhael Paskalev. Après, soit vous attendrez patiemment la sortie de l’album ici chroniqué, soit vous assumerez pleinement votre côté bad boy des interouèbes. A vous de voir.