The Black Session

Wire

Pink Flag – 2012
par Jeff, le 7 mars 2012
7

Au début des noughties, et dans le droit fil d'un revival rock emmené par les Strokes et les White Stripes, le post-punk s'est lui aussi payé une seconde jeunesse grâce aux albums de groupes comme The Rapture, lcd soundsystem ou Radio 4. Evidemment, un tel retour en grâce a remis en lumière l'œuvre des pères fondateurs d'un genre aux ramifications et expressions multiples. Mais pour ne pas vous infliger une kilométrique histoire du post-punk, disons que morceaux comme "House of Jealous Lovers", "Dance to the Underground" ou "Movement" ont permis a pas mal de monde d'avoir une idée plus précise de ce qui se cachait derrière un nom comme Wire.

Toujours actifs, les Anglais n'ont pourtant pas su profiter de la perche tendue et revivre une seconde jeunesse. La faute il est vrai à des nouveaux albums qui, en plus de se borner à faire vibrer la fibre nostalgique, n'étaient pas vraiment des exemples de songwriting incisif. Mais à défaut de vendre des disques par camions, la formation londonienne a au moins eu le mérite de faire vivre la légende en continuant de tourner frénétiquement, histoire de s'adonner à un exercice qu'elle maîtrise à la perfection. Aussi, la parution de ce disque live prend tout son sens. Et elle est d'autant plus intéressante que la prestation qui nous occupe a été captée lors d'une des toutes dernières Black Sessions de Bernard Lenoir. Séquence émotion.

Evidemment, au regard du jugement porté ci-dessus sur la discographie récente de Wire, on pourrait penser qu'à moins de livrer un set best of de derrière les fagots, ce The Black Session n'a qu'un intérêt très limité. Ce n'est pourtant pas tout à fait vrai. Parce que s'il faut bien reconnaître une qualité au Wire scénique, c'est cette capacité à transformer des morceaux, au mieux agréables et au pire anecdotiques, en de véritables déflagrations post-punk. Alors vous vous imaginez bien que lorsqu'on touche à des classiques comme "Two People In A Room", "Map Ref. 41°N 93°W" ou le monstrueux "Pink Flag" (qui s'étire ici sur dix bonnes minutes de jouissance sonique), c'est le jizz in my pants assuré. Et puis bon, ne faisons pas les fines bouches: on peut aussi trouver sur le petit dernier du groupe, Red Barked Tree, quelques grands moments de post-punk gueulard et in your face comme ce "Moreover" dont l'interprétation en live est tout bonnement irrésistible.

Et au final, ce qui aurait pu ressembler à un disque réservé aux seuls fans quarantenaires du groupe sert un objectif triple: nous rappeler (comme si c'était vraiment nécessaire) le rôle essentiel joué par Wire dans l'histoire du post-punk, nous inviter à ne pas louper le groupe lors de sa prochaine tournée et enfin, nous permettre de passer une bonne petite heure en leur compagnie. C'est déjà pas si mal, non?