The Bipolar Drift

The Hushpuppies

Chut Le Caniche Editions  |  2011
7 / 10
par Jeff  |  le 11 avril 2011

Les Hushpuppies font partie de ces groupes dont on ne guette pas spécialement les moindres faits et gestes mais dont on se réjouit à chaque fois d'une nouvelle sortie. En effet, depuis leur apparition sur la scène hexagonale en 2003, notamment grâce à l'explosif single "You're Gonna Say Yeah", les Perpignanais délocalisés sur Paris n'ont jamais failli à leur réputation, celle d'un groupe bien décidé à caler les amplis sur 11 et à rendre un hommage poppisant au rock garage, dans une veine qui évoquait à l'occasion les Hives.

Mais voilà, depuis leur dernier album en 2007, le label Diamondtraxx de Benjamin Diamond a mis la clé sous le paillasson et poussé le groupe a créer sa propre structure Chut Le Caniche Éditions. Et visiblement, ce changement d'air semble avoir été particulièrement bénéfique aux Hushpuppies. Vu les évènements, d'aucuns ont eu tendance à condamner le groupe pour de bon, lui qui a complètement disparu de nos radars pendant trois longues années. Mais le silence est d'or, comme l'indiquait judicieusement le titre de leur précédente réalisation, Silence Is Golden. Loin de l'attention médiatique, le groupe s'est cherché une identité nouvelle. Aujourd'hui de retour, c'est une formation qui semble avoir atteint l'âge de la maturité qui s'offre à nous. Evidemment, les compositions restent énergiques en diable, mais le propos s'est affiné, les idées ont gagné en pertinence et l'écriture en efficacité. D'ailleurs, dès l'introductif "Open Season" et sa dualité complètement assumée, tout semble être dit: le groupe est en confiance et se laisse voguer au gré de ses envies, quitte à ouvrir le bal sur une plage de six minutes dont la majeure partie est instrumentale. S'en suivent des morceaux qui se refusent d'arrondir les angles pour plaire au plus grand nombre, et on décèle alors sur The Bipolar Drift une véritable recherche au niveau des arrangements, joliment orchestrée par un Axel Concato qui a mis de côté son projet Axel and the Famers pour participer pleinement à la seconde naissance des Hushpuppies, consacrée par une volée de titres forts, de l'ascensionnel "Low Compromise Democracy" au nerveux "Stop" en passant par la ballade rêveuse "Every Night I Fight For Some Giant".

Complètement irrésistible dans sa première moitié, The Bipolar Drift montre malheureusement des signes d'essoufflement à mesure qu'approche la ligne d'arrivée, l'empêchant de se convertir en un disque rigoureusement indispensable. Et c'est bien là le seul reproche que l'on pourra faire au groupe. Mais le simple fait de retrouver les Hushpuppies dans une telle forme est déjà une satisfaction en soi. Et vu le nombre de bonnes idées qu'ils sont capables d'entasser sur les meilleurs morceau de cette troisième réalisation, on se dit que ces jeunes gens nous réserveront encore de très bonnes surprises à l'avenir…