Kitsuné Maison 7

Various Artists

Kitsuné – 2009
par Jeff, le 4 juin 2009
7

Ils ne sont pas gênés chez Kitsuné, d'appeler le septième volume de leurs désormais célèbres compilations Kitsuné Maison « celle de la chance ». En effet, si la petite entreprise menée d'une main de maître par Gildas Loaëc et Masaya Kuroki ne connaît pas la crise, cela ne doit rien, mais alors vraiment rien, à la chance. Ou alors, ces mecs devraient jouer plus souvent au Lotto. 

Septième volume de la série Maison donc, et un succès qui ne se dément pas. En même temps, comment pourrait-on descendre en flammes un label qui nous a permis de découvrir avant beaucoup de monde des artistes désormais incontournables tels que Hot Chip ou Digitalism. Les plus mauvaises langues d'entre vous me répondront « En écoutant un titre d'AutoKratz ». Peut-être à raison d'ailleurs...

Quoiqu'il en soit, pour cette nouvelle livraison, la maison franco-japonaise a une fois de plus mis les petits plats dans les grands afin de satisfaire nos appétits démesurés de 'serial consumers' avec pas moins de 18 nouveaux titres à se mettre sous la dent. Et la constatation qui s'impose après une seule écoute de ce nouveau volume, c'est que plus les années passent, et plus le label entame un virage pop qui semble désormais inéluctable. Certes, celui-ci conserve cette propension à nous dégotter des artistes ayant les pieds fermement ancrés dans les galaxies house et électro, mais de plus en plus souvent, ses têtes chercheuses ont tendance à nous faire découvrir des artistes dont on n'aurait jamais pensé qu'ils auraient l'insigne honneur de figurer sur les compilations Kitsuné Maison il y a encore de cela quelques années. La plus belle preuve de cette affirmation est probablement la présence, en ouverture de disque, des Irlandais de Two Door Cinema, qui nous démontrent que le monde ne jure que par le retour des Versaillais de Phoenix et qu'il n'est jamais trop tard pour commencer à leur dégotter, si pas des successeurs, au moins des copies conformes capables de très bonnes choses. D'ailleurs, les Versaillais sont présents sur ce septième volume avec un remix particulièrement réussi, très 'laidback house', de leur « Lisztomania » signé par les Américains de CLASSIXX.

Rayon buzz, l'écurie n'est comme d'habitude pas en reste avec un remix succulent du Strasbourgeois Lifelike qui insuffle au « In For The Kill » de la nouvelle égérie électro-pop La Roux une sérieuse dose de claviers 80's ou le retour tout en rêveries des New-Yorkais de Heartsrevolution qui confirme tout le bien que l'on pensait d'eux sur le précédent volume de la série. Et enfin, que seraient les compilations Kitsuné Maison sans les habituelles découvertes destinées à animer les dancefloors du globe dans les mois à venir? A ce petit jeu, la palme revient à Delphic, qui ressuscite Orbital et Underworld sur « Counterpoint », aux Londoniens de Chew Lips qui marrient avec brio LCD Soundsystem et les Yeah Yeah Yeahs et surtout au Norvégien Prins Thomas qui transforme le folk apaisé de James Yuill en un long rêve éveillé qui nous permettra de patienter avant son retour très attendu en compagnie de son vieil ami Lindstrøm.

Plus hédoniste que jamais, cette nouvelle édition des Kitsuné Maison nous confirme que la prestigieuse maison parisienne, à l'inverse de sa meilleure ennemie Ed Banger, tire sa force et sa longévité de sa diversité revendiquée. Jamais pris en défaut et peu prompts à se parer d'œillères, Gildas, Masaya & Co nous livrent là une Kitsuné Maison qui ne surprend pas si on la compare à ses petites soeurs, mais qui contient néanmoins son lot de bien belles choses. Mission accomplie donc!

Le goût des autres :
7 Soul Brotha