Juno OST

Various Artists

Rhino  |  2008
8 / 10
par Jeff  |  le 31 mars 2008

Juno, c’est LE film indépendant américain qui sera en 2008 ce que Garden State, Sideways ou Little Miss Sunshine ont été aux années précédentes. Le film retrace l’histoire de Juno MacGuff, une adolescente de 16 ans qui tombe accidentellement enceinte et décide de partir à la recherche de parents adoptifs pour son futur bébé. Mais où cela devient vraiment intéressant, c’est que la Juno en question (interprétée par l’excellente Elle Page) est vraiment un personnage atypique qui ne s’inonde les tympans du genre de daubes que j’aurais pu écouter si j’avais son âge. Et tandis qu’en 2008, le jeune Américain lambda a de fortes chances de surkiffer Usher ou 30 Seconds to Mars, Juno préfère quant à elle le rock indépendant, et plus particulièrement le folk.

Et donc, abstraction faite d’une reprise aussi agréable que méconnue des Carpenters par Sonic Youth (« Superstar »), de la pop irrésistible des Kinks (« A Well Respected Man ») et de l'unique tube des Moot The Hoople (« All The Young Dudes ») écrit par David Bowie pour sauver le groupe de la rupture et qui ressemble à s’y méprendre à un morceau de Ziggy Stardust, ce sont quelques-uns des dignes représentants du folk sous toutes ses formes et de tous les âges qui se suivent sur une bande originale qui, à l’image du film, séduit par son caractère éminemment attachant. Ces mélodies qui, en apparence, ne cassent pas trois pattes à un canard, n’ont en fait pas leur pareil pour s’immiscer dans votre système et ne plus s’en déloger. Et en fin de compte, qu’il soit délicat et joliment arrangé (les deux titres de Belle & Sebastian) ou affublé du préfixe «anti» (la présence répétée de Kimya Dawson, seule ou en compagnie de Adam Green au sein des cultissimes Moldy Peaches), ce folk-là fait mouche à tous les coups.

Si un film comme Garden State avait permis de donner une certaine notoriété aux Shins (Natalie Portman lançant à Zach Braff son "You gotta hear this one song, it'll change your life !" au sujet du « New Slang des Américains), il y a fort à parier que la bande originale de Juno redonnera une seconde jeunesse à des albums comme Remember That I Love You ou Tigermilk. Et vu leur qualité, c’est n’est que justice !