Jonny

Jonny

Turnstile  |  2011
7 / 10
par Jeff  |  le 22 février 2011

Derrière Jonny se cachent en fait deux des plus fins limiers de la pop britannique, à savoir Norman Blake des Ecossais de Teenage Fanclub et Euros Child des Gallois déjantés de Gorky’s Zygotic Minci. Vu l'âge avancé des protagonistes et leurs parcours respectifs (une petite vingtaine d'albums à eux deux quand même), on se limitera à dire que leurs impeccables CV parlent pour eux. Parce que franchement, si vous n'avez jamais entendu parler de deux groupes susmentionnés, vous pouvez directement abandonner la lecture de cette chronique, bande d'ignares. Bref, revenons-en à Jonny. Complété par l’ex-BMX Bandits Stuart Kidd à la basse et Dave McGowan à la batterie, le groupe débarque un peu sans crier gare avec ce premier album qui flaire bon la bonne humeur, le respect des traditions et l'absence totale de prétentions.

En effet, si il ne contient pas la moindre reprise, difficile de ne pas concevoir ce disque comme un véritable hommage aux plus grand songwriters de ces dernières décénies: les Kinks, les Byrds, les Monkees, les Beach Boys, les Beatles, c'est un peu la crème de la crème de l'intelligentsia pop qui est célébrée en 13 morceaux dont la durée moyenne ne dépasse par les 2 minutes 30 secondes – il y a juste « Cave Dance » et ses dix minutes de branlette intello au beau milieu d'un déluge d'évidence pop pour venir gâcher la fête. Bref, cette petite boulette pseudo-expérimentale mise à part, ce premier album éponyme de Jonny est une bonne surprise dans le sens où ce disque n'avait pas fait l'objet d'un buzz inutile six mois avant sa sortie mais se révèle être quelque chose de tout à fait normal pour tout qui connaît un tant soit peu le talent de deux principaux protagonistes. Evidemment, avec une réalisation de ce genre se posera inévitablement la question de sa pertinence, tant celle-ci renvoie plus qu'autre chose aux exploits d'illustres modèles. Et après quelques écoutes, croyez-nous: s'il est impossible de faire abstraction des influences du duo, ce disque se dévore avec une telle aisance qu'il serait vain de commencer à jouer les pisse-froids passéistes.