I Speak Because I Can

Laura Marling

Virgin Records  |  2010
8 / 10
par Jeff  |  le 20 mai 2010

Avant même d'avoir écouté ce disque, nous avions déjà deux bonnes raisons d'aimer Laura Marling. Tout d'abord, lorsqu'elle faisait partie des magnifiques Noah & The Whale et qu'elle vivait une histoire d'amour épanouissante avec leur tête pensante Charlie Fink, la donzelle avait une influence non négligeable sur les compositions enlevées et euphoriques du groupe londonien. Ensuite, lorsqu'elle quitta le groupe peu de temps après avoir quitté Chris Fink, son départ eut une influence énorme et évidente sur l'écriture du jeune homme, qui finit par accoucher l'année dernière d'un The First Days of Spring aussi beau que sombre, sur lequel planait l'ombre d'un être aimé parti trop tôt. Mais aujourd'hui, nous avons une troisième bonne raison d'aimer la charmante Laura Marling: avec son deuxième album, elle signe l'une des toutes meilleures galettes folk de 2010, un disque qui témoigne d'un incroyable maturité dans le chef d'une artiste de 20 ans à peine qui, en dix morceaux seulement, frappe fort et fait étalages des bonds de géants effectués depuis la sortie du très prometteur Alas, I Cannot Swim.

Pourtant, on ne peut pas dire que les choses avaient bien commencé. Sur l'inaugural "Devil's Spoke", Laura Marling, semble s'effacer derrière une instrumentation sombre, rocailleuse et clairement country. Et ceux qui connaissent un peu la demoiselle vous le diront, Laura Marling n'est pas du genre à inonder l'espace de sa présence. C'est plutôt même le contraire. Aussi, cette mise en bouche sert un objectif unique: nous prouver par a plus b que l'Anglaise rayonne dans une configuration minimaliste. Ce qu'elle va d'ailleurs s'employer à faire à la perfection pendant la bonne demi-heure qui suit et régaler les amateurs d'un certain folk, apaisé et apaisant, qui ne sera pas sans rappeler ce qu'on pu faire des pionnières comme Joni Mitchell ou Joan Baez il y a quelques décennies. Sur des titres qui résonnent comme autant de douces caresses empreintes tantôt de tristesse, tantôt d'optimisme, le sens mélodique inné de Laura Marling se met au service de morceaux limpides et de textes somptueusement écrits. Avec beaucoup de simplicité et sans jamais tomber dans le pathos exagéré, Laura Marling y parle de la vie sous tous ses aspects, mais aborde aussi la douloureuse rupture avec Chris Fink, exprimant probablement sur I Speak Because I Can certaines choses qu'elle ne pourrait jamais dire en face. Et forcément, on se dit qu'en 2010, jamais l'amour et ses petites contrariétés ne sembleront aussi beaux et attachants.

Le goût des autres :

note : 99/10Laurent