Axel and the Farmers

Axel and the Farmers

Bleepmachine  |  2010
5 / 10
par Jeff  |  le 11 novembre 2010

Certains de nos lecteurs ont peut-être découvert le post-punk d'Axel and the Farmers sur le quatrième volume de nos compilations Jeunes Pousses. C'était avec la bombinette « Dance Hall », où les riffs incisifs de Gang of Four côtoyaient une voix haute perchée à la The Rapture. Pourtant, à mieux y regarder, Axel Concato n'a rien d'une jeune pousse, lui qui essaie de se faire une place au soleil depuis 2001 déjà, que ce soit en Angleterre où il a passé quelques années et crée son projet Axel and the Farmers, ou à Paris où il s'est adonné à des activités en tous genres, de la production au mannequinat en passant évidemment par la musique. Mais depuis deux ans, c'est à nouveau ses Farmers qui focalisent toute son attention, et on ne peut que s'en réjouir avec la sortie de ce premier LP.

La vraie bonne nouvelle avec ce LP, c'est que "Dance Hall", aussi jouissif soit-il, n'est en rien représentatif du reste de l'album. De fait, les trois premiers titres sont assez révélateurs de l'ouverture d'esprit qui anime le disque: entre le new wave héritée de New Order sur "Dream #7", la pop maniérée de "Souvenir" ou le folk aérien de "Battle of Rain", le cœur d'Axel and the Farmers balance sérieusement, et continuera de le faire tout au long du disque. Mais on le sait, pour séduire avec une telle ligne de conduite, il est vivement conseillé de s'armer de compositions dignes de ce nom, et c'est parfois là que le bât blesse. Trop souvent, ce premier effort sombre dans l'anodin et les compositions moins percutantes, tant au niveau de la production que de l'écriture, font pâle figure à côté des moments forts – pour faire simple, les quatre morceaux susmentionnées auquel on ajoutera le mélancolique et dépouillé "Jaws". Au final, on ressort de cette expérience avec un sérieux goût de trop peu dans la bouche, conscient qu'Axel Concato a encore du chemin à parcourir, mais également suffisamment lucides pour avancer que s'affirmant un peu plus, il n'y a pas de raison pour que le bonhomme ne bénéficie pas d'un peu plus d'honneurs. Suite au prochain épisode, forcément.