Alone Again Or

Hobotalk

Glitterhouse  |  2008
6 / 10
par Jeff  |  le 7 mars 2009

Si les Ecossais d’Hobotalk en sont déjà à leur quatrième album, ils sont pour ainsi dire absents de nos radars depuis leurs débuts à la fin des années 90. Mais ne soyons pas chiens et donnons sa chance à ce groupe dont on pourrait par ailleurs penser qu’il ne doit pas valoir tripette vu le peu d’égards qui lui sont prêtés, et ce malgré une discographie déjà passablement achalandée. Autant vous le dire tout de suite, ce serait commettre une grossière erreur que d'ignorer un groupe qui, l'air de rien, s'est retrouvé sur la liste des prétendants au prestigieux Mercury Prize avec son premier album Beauty in Madness, paru en 2000.

Principalement l’œuvre de son leader Marc Pilley, la musique d’Hobotalk s’inscrit il est vrai dans une veine déjà pas mal exploitée, voire proche de la saturation : celle des songwriters folk s’inspirant de Bob Dylan, Tom Waits, Joni Mitchell ou Neil Young. Cependant, elle mérite bien une écoute attentive. Parlons-en de Neil Young justement. Comme sur son fameux Rust Never Sleeps, Alone Again Or est divisé en deux parties, une première électrique et une seconde acoustique, judicieusement intitulées « The Electric Night » et « The Acoustic Morn ». Sur ces deux faces virtuelles, on découvre donc un artiste qui a appris à connaître toutes les ficelles du métier au fil des albums et qui n’a pas vraiment l’envie de jouer la carte de la surprise à tout bout de champ. L’avantage, c’est une musique qui caresse l’amateur de mélopées folk rehaussées de jolis soli ou de quelques notes d'harmonica dans le sens du poil. L'inconvénient, c’est une musique qui peine à se démarquer des dizaines de livraisons du genre qui viennent remplir les bacs de nos disquaires à longueur d’année.

« Gentil » ou « attachant » sont des qualificatifs qui collent à merveille à ce Alone Again Or  d’honnête facture et qui ravira à n'en point douter pas mal d'adeptes des artistes précités. Mais on le sait, de nos jours, un capital sympathie ne suffit plus à garantir le succès ou la pérennité d'une formation dans un music biz impitoyable. Et à ce petit jeu, à moins d’une grosse remise en question ou d'un album complètement bluffant, Hobotalk risque fort de continuer sa petite promenade en seconde zone pour une durée indéterminée.