Baby Face Nelson Was a French Cowboy

French Cowboy

Havalina Records  |  2008
8 / 10
par Jeff  |  le 29 février 2008

Cela fait maintenant deux ans que les Little Rabbits sont passés pour de bon à la casserole. Pour autant, ces iconoclastes décomplexés ne sont pas restés inactifs une fois la séparation entérinée. Si une partie du groupe s’en est allé batifoler avec Philippe Katerine sous le nom de la Secte Machine, Federico Pellegrini, ex-lapin en chef, s’est lancé dans un nouveau projet avec trois de ses anciens acolytes. Donc, après avoir gratifié ses fans de Bang ! d'un album enregistré sous le nom de Dillinger Girl And Baby Face Nelson en compagnie d’Helena Noguerra, le songwriter nantais nous revient avec ce disque pour lequel il s’est entouré de ses comparses Gaëtan Chataigner, Stéphane Louvain et Eric Pipeteau.

Si par le passé, les Little Rabbits ont exploré une foultitude de territoires sonores, The French Cowboy limite quant à lui sa sphère d'influence. Répondant au besoin de son géniteur de changer d’air et de contrer une certaine monotonie qui s’était installée au sein de son groupe précédent, Baby Face Nelson Was A French Cowboy est un album fortement influencé par le folk aride de groupes comme Calexico. Exception faite de quelques morceaux plus percutants tels « Supermarket » et un hommage évident et (trop?) appuyé à Serge Gainsbourg sur « La Ballade de Baby Face Nelson », nous avons donc affaire à un disque extrêmement référencé qui flaire bon les grandes étendues désertiques ou les bars miteux fréquentés par quelques malheureux péquenots à l’accent tranchant et incompréhensible. Mais s’il est évident que le groupe nourrit une admiration sans bornes pour tout un pan de la musique américaine incarné par la paire magique Convertino/Burns ou Giant Sand, il réussit à ne jamais se laisser aveugler par les leçons de savoir-jouer de ses modèles, évitant avec beaucoup de brio la réinterprétation maladroite ou l’hommage excessivement bienveillant.

Du haut de sa voix nasillarde et dégoulinante de nonchalance, Federico Pellegrini nous emmène pour un voyage dépaysant et en marge des habituelles productions françaises. Ponctué par un « Dream » tout bonnement magistral, Baby Face Nelson Was A French Cowboy est un album réussi qui mélange savamment tradition et modernité et pourrait servir de bande-son idéale à un film dirigé par un digne héritier d’Ennio Morricone ou de Sam Peckinpah.