And Then We Saw Land

Tunng

Full Time Hobby  |  2010
4 / 10
par Nicolas  |  le 4 mai 2010

Mon premier souvenir à propos de Tunng remonte au qualificatif qu’avait utilisé un disquaire indépendant de Bruxelles pour me décrire Comments of the Inner Chorus, leur deuxième effort : le terme utilisé était celui de folktronica. A l’époque, il y avait de ça. Mais depuis lors, le groupe de Londres a pris une toute autre direction comme en témoignait Good Arrows, opus sorti courant 2007. La formation y prenait clairement une direction pop avec des morceaux gonflés à l’hélium ("Take", "Bullets",…). Globalement la presse y trouva son compte, Tunng son public mais le modeste rédacteur que je suis fut quelque peu déboussolé par ce changement de cap dans le chef du binôme Mike Lindsay - Sam Genders.

Avec … And The We Saw Land, on peut dire que la donne a, cette fois, complètement changé puisque Sam Genders a quitté le groupe. Conçu initialement comme un projet studio entre ce dernier et Mike Lindsay, Tunng fut donc contraint de s’adapter en ouvrant le processus créatif à l’ensemble de la formation. A titre d’exemple, on peut simplement évoquer la plus grande place prise par la choriste Betty Jacobs sur cet effort. Mais en se séparant de Sam Genders en cours de route, le groupe londonien a perdu bien plus qu’un de ses membres mais le meilleur songwriter de la bande. Dès les premières encablures de "Hustle", le constat est frappant : Tunng semble poursuivre un processus amorcé sur Good Arrows, à savoir la quête du format pop. Et si cela fait illusion sur quelques titres, notamment grâce à l’entrelacement des voix masculine et féminine, l’ensemble tourne vite en rond. Ainsi, la formule tarde à se renouveler tandis que le groupe manque cruellement de… chansons. Doué pour les fioritures et autres ornements en tout genre, Tunng me donne parfois l’impression de broder du néant. Jugement cruel s’il en est, cette sensation n’est que décuplée par les espoirs que j’avais placés en ce groupe. Au bout du compte, seul un tiers de l’album passe la rampe. Ce qui est peu, définitivement trop peu…

Vous l’aurez compris, … And Then We Saw Land ne trouvera pas d’écho favorable par le biais de cette chronique. En conclusion, on pourra dire que la trajectoire prise par Tunng depuis le dernier album ne présageait rien de bon. Aujourd’hui, il se confirme que les Londoniens arrivent dans une impasse artistique. Sans une indispensable remise en question, il va sans dire que Tunng risque de perdre toute forme d’intérêt.

Le goût des autres :