Deem Spencer, jeune pousse lumineuse du hip-hop downtempo

Deem Spencer, jeune pousse lumineuse du hip-hop downtempo

par Amaury  |   le 20-02-2017

Il n’y aurait pas eu de qualificatif plus opportun que le titre de nos dossiers « Jeunes Pousses », lesquels se consacrent aux artistes montants, pour désigner la personne de Deem Spencer dont la page Soundcloud ne propose que cette seule information : i’m gonna open a flower shop.

Ayant grandi dans le Queens, notre apprenti fleuriste de 21 ans semble avoir fait ses armes dans les rangs de la tradition hip-hop typiquement old school, sur son versant contemporain – celui dont la nostalgie se tache d’un flow bien plus fluide et roulé que le phrasé des puristes. Il voyage donc un temps avec ses homies pour claquer quelques fulgurances retro sous l’enseigne So Dope, Dope Rebels ou SoDopia.

Jusque-là, rien de bien éclatant malgré la qualité d’exécution dont fait déjà preuve le crew et, sans renier le travail de son comparse Slyy Cooperstein, il faudra attendre les productions solo de Deem Spencer pour entrevoir sa vraie force. Le MC va conserver ses prétentions retro pour les projeter dans un univers finalement plus moderne : les fleurs se mettent sous cloche.

Comme s’il avait digéré le banquet hip-hop des générations passées, Deem Spencer nappe ses productions de vagues glacées, proches du travail d’un Archie Marshall. Les textes sont scandés avec corps selon une structure rap cadrée, mais au travers de vapeurs smooth, très aériennes et downtempo. Avec un peu de nonchalance, de retrait et de détachement, l’expression vocale se fond par roulements sous les teintes floues des instrus. Une formule lumineuse qui vient caractériser l’intégralité de l’EP, Sunflower, que Deem Spencer a sorti cet été.

Le projet propose non seulement un flow très habile et ciselé, même dans le soupir, mais aussi une qualité de composition rare qui parvient à véhiculer un panel de colorations réparties entre le funk et le jazz fusion selon un souffle minimaliste. Avec très peu, Spencer brille. Et s’il peut remercier le boulot des différents producteurs – LATELATE, HNNY, Hannibal King, Pantoo et Spenser Williams – c’est avec ce dernier, à la source du titre « chamomille », qu’il préparerait ses prochaines sorties.

En attendant celles-ci, reste à se diffuser sans cesse le maxi, notamment grâce aux derniers clips de l’artiste qui reflètent avec finesse son univers : un jeu de contrastes dont la légèreté se glisse vers les torpeurs d’été, aux siestes sublimes.