Dour Festival 2012

Dour, Site de la Machine à Feu, le 12-07-2012 | par Jeff le 27-07-2012

Leçon n° 4 : Une festihut par sécurité tu loueras

On vous sent venir : les mecs de GMD, quelle bande de parvenus. Parce que c’est vrai, pour vraiment vivre Dour de l’intérieur, il paraît qu’il faut passer par la case camping qui ne dort jamais et qui pue souvent des dessous de bras. Essayer d’engranger les heures de sommeil au milieu des joueurs de djembés mongolos, des clubbers en descente de mauvais plomb et les queutards en manque de sexe (très) sale. Pour rejoindre nos confortables Festihut, nous devions traverser tous les jours ce fameux camping si convivial. Et croyez-nous : vu les conditions climatiques dantesques de cette édition 2012, on a tous les jours bénis les 60 euros investis par tête de pipe pour passer la nuit au sec. Parce que malgré le confort tout relatif de nos frêles abris de bois généralement réservés aux marchés de Noël, tous les matins au réveil, on avait l’impression d’être dans une suite de Ritz en pensant aux nuits de galère des fiers campeurs – qu’on a un peu moins entendu gueuler à toute heure du jour et de la nuit, pour le coup.

Leçon n° 5 : Warp d’adorer bêtement tu arrêteras

Au milieu de toutes les satisfactions du festival, on a finalement constaté que s’il y avait un grand perdant, ce serait le label Warp. La constatation est simple : en 2007, déjà sur les planches de la Machine à Feu, on attendait le set de Clark comme l’une des grosses attractions du festival. Son Body Riddle collait alors à la grande tradition esthétique du label, et son goût pour l’electronica valait encore paroles d’évangile dans les sphères les plus pointues des interouèbes. Aujourd’hui, Chris Clark fait du trip-hop en bois et plus rien de bon ne semble vouloir sortir de son laptop. La louve blanche d’autrefois est désormais une chienne en cage. Autre artiste, autre débat : alors que Squarepusher incarnait il y a quelques années le sommet de l’iceberg en matière d’electronica, voilà que le natif des Cornouailles n’en finit plus de se pourrir avec son jazz à trois francs jusqu’à devoir parodier le visuel d’un Daft Punk du pauvre pour tenter d’installer plus sereinement son come-back electronica. Une performance visuelle plutôt magnifique, qui ne l’empêchera pas de placer du dubstep au seul moment où on s’est approché du chapiteau. Carton rouge direct. Enfin pour terminer, on s’est mangé la prestation de Battles en entier. Par respect peut-être. Toujours est-il que depuis le départ de Tyondai Braxton, c’est devenu méchamment chiant : entre featurings par écrans interposés et leurs vieux titres remodelés pour pallier au départ de leur charismatique leader, les anciens boss du math-rock faisaient peine à voir. Le point commun de ces artistes ? Ils viennent tous d’un label qui n’en finit pas de crever. Ils étaient à Dour, ils ont déçus. Paie ton chemin de croix.

Leçon n° 6 : The Shoes à « Time to Dance » jamais tu ne limiteras

On va être honnêtes: ce concert de The Shoes n’aura pas été le plus mémorable de cette édition 2012 du Dour Festival. On peut même parler d’une prestation assez moyenne, il faut dire pas vraiment aidée par un son très approximatif et un chant pour ainsi dire inaudible. Pourtant, de bons titres, les Rémois en ont un paquet dans leur besace de hipsters. Il suffit d’écouter « Cover Your Eyes » ou « Stay The Same » pour comprendre que ces deux mecs sont les plus fins limiers de l’electro-pop made in France. Mais à Dour, on a pu mesurer l’effet très pervers du récent passage du groupe au Grand Journal. « Time to Dance », forcément que Guillaume Brière et Benjamin Lebeau allaient le caler en toute fin de set. Forcément que ça allait être un souk indescriptible. Mais on comprend aussi qu’un single dévastateur, malgré un excellent album pour le justifier, ça promet de se coltiner tout l’été durant un public qui fait majoritairement le déplacement pour se prendre ses cinq minutes de déglingue extatique. Et pour le coup, on en viendrait presque à plaindre The Shoes…

http://www.dourfestival.be