Turnin' Wrong

Kid Bombardos

Sober & Gentle  |  2011
6 / 10
par Jeff  |  le 22 septembre 2011

N’a-t-on pas l’habitude de dire qu’une femme qui rit est à moitié dans son lit ? Certes, on a également l’habitude de raconter pas mal de conneries, mais rares sont les mâles qui ne peuvent pas témoigner d’une soirée un peu avinée où quelques blagues bien senties (ou pas) ont ouvert les portes d’un entre-jambes un peu trop seul. Bon, si l’art de la vanne n’est pas un élément déterminant du plan drague ultime, il peut certainement aider l’aspirant Don Juan à se sortir d’une situation mal embarquée. Il en va de même pour la promotion du disque d’un groupe débutant qui vient faire un petit tour dans la cour des grands. Remplacez alors l’art délicat de la gaudriole par un single efficace et appliquez le même raisonnement. Et vous réaliserez qu’un titre fédérateur ouvre bien des portes. C’est en tout cas ce que ce sont peut-être dit les Bordelais de Kid Bombardos, dont le « Sundays » est il est vrai imparable avec son mélange de pop so British et de rock stroksien en plein.

Evidemment, c’est bien beau d’en mettre plein les mirettes sur un EP, il faut pouvoir se montrer à la hauteur des attentes avec l’album qui suit quelques mois plus tard.  Et voilà donc le moment venu pour les frères Vincent, Simon et Thomas Martinelli et leur ami d’enfance David Loridan de mettre tout leur savoir-faire un service d’un LP riche de douze titres. Forcément, avant même de lancer l’écoute du disque, on espère retrouver ce mélange de fièvre adolescente et d’insouciance qui rendait « Sundays » si addictif. Ce ne sera pas le cas sur Turnin’ Wrong qui ne se veut pas que léger. Toutefois, vous remarquerez que la phrase qui précède ne contient pas le mot « malheureusement ». Ce qui veut donc dire que nos quatre Bordelais font plus que sauver les meubles sur les quarante minutes que nous passons en leur compagnie. Certes, les erreurs de jeunesse sont décelables ci et là, et l’écriture gagnerait à être moins polie, mais c’est quand même un sentiment de maturité qui prévaut. Et ce qui est également certain, c’est qu’entre le CBGB de NY et le Cavern Club de Liverpool, les Kid Bombardos ont préféré ne pas choisir. Et c’est tant mieux.