The Bundles

The Bundles

K Records  |  2010
7 / 10
par Nicolas  |  le 25 avril 2010

Il suffit de révéler les personnalités qui se cachent derrière le projet The Bundles pour être fixé sur les velléités de ce dernier. A la barre, on retrouve deux des membres les plus emblématiques du mouvement antifolk, à savoir sa matrone Kimya Dawson, figure de proue des regrettés Moldy Peaches, ainsi que le troubadour et dessinateur à ses heures Jeffrey Lewis. A leurs côtés, on entraperçoit également Jack Lewis, le frère de l’autre, et Anders Griffen, un collaborateur de l’ombre pour nombre d’antifolkeux. Pas besoin de vous faire un dessin, ce disque sentira bon… l’antifolk. Et si vous êtes allergique au genre, il est grand temps de prendre vos jambes à votre cou.

Etant donné que vous entamez ces lignes, on peut supposer que vous êtes un client averti, ou du moins vous êtes prêts à entamer le grand saut, d’un mouvement à la croisée entre folk et punk. A ce petit jeu-là, et en comparaison aux dernières productions des différents protagonistes, on peut ouvertement affirmer que ce disque est ce qui s’est fait de plus convaincant depuis les 12 Crass Songs d’un certain… Jeffrey Lewis. De fait, on ne peut que se réjouir du premier effort d’un projet, épisodique certes, ayant vu le jour en 2001 déjà. Ici, le propos est fluide et léger, on sent une fois encore que ces gens ne se prennent pas la tête. Un point, c’est tout. Dès la première écoute, nous sommes donc en terrain familier, les chansons étant de véritables instantanés, des standards du genre. Mais s’il doit y avoir un aspect réjouissant (presque étonnant) sur cette plaque, c’est la voix de Kimya Dawson qui tient formidablement bien la distance – ce qui n’a pas toujours été le cas par le passé-  et qui se conjugue à merveille avec celle de Jeffrey Lewis. Soit on déteste, soit on adore. Dans ce cas, on tape des mains, on chante en chœur, on retrouve un peu l’état d’esprit qui nous habitait pendant notre adolescence. Et il fait bon d’y regoûter…

Signé sur K Records, The Bundles s’avère aussi enthousiasmant que son contenu semble juvénile. Alors quand bien même cet opus ne deviendra pas une pierre angulaire du mouvement antifolk, il s’écoutera dans l’allégresse du moment présent. On déguste, sans se soucier du lendemain. Et comme ils le disent eux-mêmes sur "Over The Moon" : "And I just want to sing with my friends".