Sea Lion

The Ruby Suns

Memphis Industries  |  2008
9 / 10
par Jeff  |  le 4 avril 2008

The Ruby Suns, le projet à la tête duquel on retrouve le Californien (exilé en Nouvelle-Zélande) Ryan McPhun, ont fait leur apparition dans la presse et sur les scènes d'Europe il y a environ un an avec un album éponyme de sunshine pop contenant certes quelques bonnes idées, mais se rapprochant davantage de la pâle imitation que de l’hommage inspiré. Aujourd’hui, quand on voit le nombre de disques potentiellement intéressants auxquels une personne un tant soit peu curieuse peut avoir accès, un disque moyen suffit à vous décourager à tout jamais de rejeter une oreille aux productions de cet artiste qui vous a fait perdre un peu de votre précieux temps. En l’occurrence, la logique aurait voulu que je close le dossier Ruby Suns lors de ma dernière écoute de l’album éponyme du groupe, pourtant, dans un enchaînement d’évènements que je ne m’explique pas, ce Sea Lion s’est retrouvé sur ma platine il y a peu – pour ne s’en déloger que très rarement.

En l’espace de deux ans à peine, le groupe a opéré une métamorphose saisissante qui trouve sa plus belle et folle expression dans les dix vignettes lumineuses que contient ce Sea Lion surprenant à plus d’un titre. Toujours influencé par la pop lumineuse des Beach Boys ou des Zombies, Ryan McPhun et sa troupe d'allumés ont décidé d’en finir avec ce classicisme qui rendait le groupe anodin pour, à la manière de formations comme Animal Collective ou Yeasayer, malmener des mélodies limpides et en ressortir le genre d'hymnes hallucinés qui vous prennent instantanément aux tripes. Sea Lion, c’est donc un voyage coloré et sous acide, une porte entrouverte vers l’univers extravagant et fantasmagorique d'un songwriter qui s’est enfin décidé à se montrer sous son meilleur jour. Mais Sea Lion, c'est également un album qui se clôt de manière assez improbable, avec ce « Morning Sun » évoquant davantage la froideur de Manchester et un groupe comme New Order que le sable fin des plages californiennes ou néo-zélandaises, preuve évidente que Ryan McPhun a plus d’un tour dans son sac. Affaire à suivre donc... et de très près!

Le goût des autres :

note : 77/10Nicolas