II

Desire

Italians Do It Better  |  2009
8 / 10
par Jeff  |  le 6 novembre 2009

Chez Italians Do It Better, on n’aime pas faire dans le tape-à-l’œil et l'omniprésence. Plutôt discret et clairement avare en sorties, le label ne sort que très (voire trop) rarement de sa tanière. Heureusement, lorsqu’il le fait, c’est rarement pour brasser du vide. Ainsi, après les Chromatics et leur Night Drive en 2007, après Glass Candy et son B/e/a/t/b/o/x en 2008, la petite entreprise basée à Portland et gérée en bons pères de famille par Mike Simonetti et Johnny Jewel nous propose de découvrir son dernier coup de cœur, Desire. Desire, c’est en fait le fruit de la rencontre entre Johnny Jewel, que l’on retrouvait déjà dans les deux groupes susmentionnés, et Megan Louise, séduisante chanteuse canadienne à la voix cristalline et lascive que le père Jewel a découverte dans un troquet montréalais.

Album s’articulant autour du thème de l’amour et des joies et contrariétés en tous genres qu’il génère, II permet à Johnny Jewel de se trouver un nouvel outil de propagande pour la cause défendue par Italians Do It Better, soit celle d’une musique hypnotique, vaporeuse et sensuelle, s'inspirant autant de la new wave que de l’italo-disco. Ainsi, après Ruth Radelet et Ida No, c’est au tour de Megan Louise de se convertir le temps d’un album en la nouvelle muse des gourous Jewel et Simonetti. Mais n’allez pas voir dans ce joujou au pouvoir de séduction intense une simple marionnette dont les ficelles sont savamment tirées par les deux asticots susmentionnés: Desire est un duo au sein duquel la répartition des taches est plus qu’équitable. Et si on connaissait déjà les talents de producteur et d'arrangeur de Jewel, qui utilise comme d’habitude des instruments analogiques qui confèrent un cachet délicieusement suranné à l'ensemble, on découvre sur II une demoiselle capable, avec sa seule voix, de magnifier les déviances discoïdes de son complice - il suffit de l’entendre susurrer « Bonsoir, nous sommes Desire, merci d’être sortis ce soir, nous avons quelques chansons pour vous » en ouverture d’album pour comprendre que celle-là n’est pas du genre à user inutilement ses cordes vocales.

Duo gagnant qui distille sobrement mais efficacement ses sombres compositions, Desire, comme ses prédécesseurs sur Italians Do It Better, nous assomme avec sa vision glaçante d’une musique qui traîne depuis toujours son lot de stéréotypes ringards. Pourtant, avec ces deux-là, une chose est certaine: rarement le désir aura pris une forme aussi aguicheuse en 2009.