Très gros casting pour le projet du trompettiste Rob Mazurek chez International Anthem

Très gros casting pour le projet du trompettiste Rob Mazurek chez International Anthem

par Nicolas F.  |   le 28-09-2020

En 2005, afin de refléter la diversité culturelle de sa ville, le Jazz Institute de Chicago chargeait le trompettiste Rob Mazurek de réunir autour de lui la crème des musiciens d’avant-garde locaux. Ainsi naquit l’Exploding Star Orchestra, ensemble polymorphe dont on annonce, quinze ans et une poignée d’albums plus tard, la sortie d’un nouvel opus : Dimensional Stardust, publié conjointement par les labels International Anthem et Nonesuch.

Pour Dimensional Stardust, Mazurek (trompette/claviers électroniques) s’entoure d’un casting fou d’où émergent quelques têtes pas inconnues de nos plus fidèles lecteurs : le guitariste Jeff Parker (membre de Tortoise et taulier d’International Anthem), Joel Ross le vibraphoniste le plus hip du monde qu’on avait adoré au Brussels Jazz Festival, ainsi que la trompettiste Jaimie Branch et le batteur Chad Taylor qui nous avaient eux aussi laissés sur le cul lors de cette soirée. La troupe compte également des proches de l’AACM comme la flûtiste Nicole Mitchell, la violoncelliste Tomeka Reid ou la pianiste Angelica Sanchez qui ont toutes eu la chance d’accompagner récemment l’arithméticien du saxophone Anthony Braxton. La jeune Macie Stewart joue de son violon, Mikel Avery et John Herndon de leurs percussions, Ingebrigt Håker Flaten de sa contrebasse et Damon Locks de sa voix. Belle brochette!

Mazurek est assurément un homme de jazz mais son art n’a pas de frontières puisqu’il se revendique autant de Don Cherry et Bill Dixon que de Morton Feldman et Béla Bartók. Grand touche-à-tout, il s’abreuve de free, de musique concrète, d’expérimentations électroniques et prête régulièrement son souffle à des poids lourds de l’indie qui fricote aved l'expé, comme Tortoise, Stereolab ou Jim O’Rourke. Et c’est un peu tout cela qui se dévoile dans un premier extrait au titre énigmatique « A wrinkle in time sets concentric circles reeling » où il est question... de faille temporelle et d’enroulement de cercles concentriques.

En six minutes, nous voilà donc plongés dans l’improvisation cabalistique chère à Sun Ra et dans les préoccupations minimalistes de Steve Reich. Une bien belle promesse donc, d’autant que la suite du tracklisting à découvrir le 20 novembre promet d’autres voyages cosmiques dans l’ « Abstract dark energy » et la « Parable of inclusion ». Autant dire qu’on n’a pas fini de vaguer.