Dysplazia

Insha

Type Records  |  2016
7 / 10
par Simon  |  le 7 décembre 2016

On a beau déverser notre fiel - ou du moins nos doutes – sur la scène post-post-post-bass music incarnée par certains pontes de l’indé électronique un peu cool (Amnesia Scanner, M.E.S.H., Visionist, Antwood, WWWINGS, Logos, Untold, Rabit, Mumdance,…), il n’en reste pas moins qu’il nous est difficile de ne pas jeter une oreille curieuse à chaque nouvelle sortie du genre.

Si on tape sur cette mouvance pour son incapacité à assumer véritablement son statut d’héritier, on finit toujours par y revenir, comme pour s’assurer qu’on avait peut-être tort, probablement aussi parce notre oreille croit toujours dans la promesse d’un beau beat fractal et d’une ambiance de l’espace. Le problème c’est que ça sonne toujours mieux dans nos têtes, du moins ça n’assume jamais assez sa fragilité pour mieux se la jouer gros durs et architectes du changement. C’est peut-être d’ailleurs aussi pour cette raison qu’on voue toujours un culte discret au Parallel Memories de Mr. Mitch. Pensez-en ce que vous voulez, mais chez nous, ça sonne souvent faux, presque toujours creux et pas vraiment dans la lignée de ce qui a pu nous rendre heureux autrefois.

C’est pour toutes ces raisons vite expliquées qu’on avait des doutes sur ce qu’on allait bien pouvoir défendre dans le premier album de Insha. Et bien il semblerait que Type Records (qui sort parfois de sa réserve drone/expé pour nous présenter des artistes plus hip-hop comme Clams Casino ou Main Attrakionz) ait eu le nez fin en recrutant celui qu’il serait facile de qualifier comme l’hybride parfait entre tous les artistes présentés plus haut.

Une avancée dans le grand tout technologique qui passe par toutes les formes sur le mode de la rupture, qui monte haut pour redescendre très vite très bas. Une machine à étirer les contours, à se remodeler sans cesse en flirtant souvent avec du post-Autechre pour enfants (du Arca quoi), des gimmicks pompés sur Burial et du swing sombre à la Rabit. Un cahier de charges assez conventionnel mais qui marche surtout bien parce que rien dans cette demi-heure ne se prend au sérieux, rien n’est refusé par volonté de coller aux sosies de son équipe. Cette décontraction ajoutée à l’impeccable esprit de synthèse et aux immenses capacités techniques de ce bedroom producer font de Dysplazia cette véritable bouffée d’air frais qu’on attendait depuis si longtemps dans le microcosme tristounet de la post-bass music froide et austère. Et rien que pour ça on salue le geste.