Dossier

2008-2013 : le goût des autres

par Tibo, le 5 octobre 2013

Chronique par The Drone

Faux haters, vrais lovers

Caribou

Swim

Impossible bien sûr de ramener 5 années de musique, 25 retournements de veste intimes et au moins 5 glissements de terrain majeurs à un seul disque, à un seul groupe, un seul gars ou une seule dame. The Drone a beau avoir ses têtes de turcs et ses idoles, ses sbires passent plus de temps à s'écharper sur des bêtises qu'à se fédérer devant l’éternel. Quelque part dans un coin de notre tête à tous, il y a néanmoins cette figure, Dan Snaith, dont on accepte volontiers de faire si ce n'est un emblème, un petit héros. Parce qu'au milieu des vagues, du rétro partout, des pétages de plomb et des faux modernismes,  le mec s'est fait un oasis truffé de contradictions (électronique/pas électronique, dance/pas dance, mainstream/pas mainstream) qui semble résister à tout, même à Internet, et dont ce disque est le premier vrai exemple probant et - dieu merci - pas un chef d'oeuvre. Tout ce qu'il a fait ou sorti depuis (le Daphni) nous plaît un peu plus, comme si le gars avait trouvé la formule magique pour tordre le cou à tous ces maux qui nous rendent si pénible et si complexe la tâche d'aimer simplement, entièrement les disques et les groupes dans ces années 2010. Ce prof de math à moitié chauve, né le cul dans la neige à Dundas, Ontario, Canada, qui veut tout, la musique africaine vintage, la musique concrète et l'acide house, les drogues de synthèse et l'encyclopédie, la sauvagerie et le contrôle absolu, on lui ressemble beaucoup et on se dit que si quelqu'un mérite un peu de postérité, c'est bien lui.