Le Ways Around Festival, petit nouveau dans le paysage festivalier noir-jaune-rouge

Le Ways Around Festival, petit nouveau dans le paysage festivalier noir-jaune-rouge

par Jeff  |   le 26-11-2021

En 2020, quand il nous a fallu repenser notre monde de demain entre deux épisodes de Tiger King, certains ont envisagé d'investir dans leur petit potager ou d'arrêter la viande rouge pour de bon. Et tandis que l'humanité a contribué à produire du vœu pieu en quantités industrielles, il y en a qui ont eu le courage d'aller au bout de leur logique et de leurs envies. Parmi eux, l'équipe derrière le Ways Around, petit nouveau dans l'ecosystème belge qui célèbrera sa première édition du 1er au 3 avril 2022.

En axant sa programmation sur les découvertes avec pas mal de guitares dedans, en piochant dans l'international underground sans jamais oublier les talents locaux, et en décidant d'occuper pendant trois soirées du début du mois d'avril trois lieux bien connus des habitants de la capitale belge (l'Atelier 210, le BRASS et l'Atomium), le Ways Around s'appuie sur un ADN qui lui offre une position plutôt unique dans l'agenda des festivals belges, et plus spécifiquement bruxellois.

Après un peu de teasing et une première annonce en forme de mise en jambes (Le Prince Harry, Margarita Quebrada et Partikul), l'équipe du Ways Around passe aujourd'hui la seconde : d'abord en dévoilant de nouveaux noms (LICE, Personal Trainer, Ultra Sunn et The Glücks), ensuite en décidant d'ouvrir sa billetterie au moment où le politique discute d'un nouveau tour de vis qui pourrait bien toucher tout le secteur évènementiel. 

On est allé à la rencontre de Jesus Delpino, co-fondateur du festival, pour qu'il nous en dise plus sur le pourquoi du comment de cette nouvelle aventure.

Salut Jesus, qui se cache derrière le Ways Around?

L’équipe est composée de profils assez diversifiés mais qui ont en point commun d’être actifs dans le domaine musical en Belgique ou à l’international. Parmi eux, on peut notamment compter des membres du PacRock Festival, Nicolas Jaumain du BlueBird Festival, Clothilde Féry du label Black Basset ou encore Benjamin Fournet, producteur de groupes comme Carpenter Brut ou Pongo.

Des festivals, ce n’est certainement pas ce qui manque en Belgique, alors pourquoi avoir lancé le vôtre?

Certains membres de l’équipe vivent de la musique et comme des milliers d’autres personnes, ils ont été durement impactés par la Covid-19. De ce fait, il nous est apparu essentiel de montrer que malgré la pandémie, de nouvelles initiatives, aussi petites soient-elles, peuvent émerger. Nous souhaitons amener notre petite contribution à la relance des salles et des groupes. En somme, faire preuve de résilience. L’offre de festivals est effectivement plus que généreuse en Belgique. Et c’est tant mieux pour le public. Toutefois, il est aussi important d’amener de nouvelles offres/concepts sur le marché.  C’est ce que nous essayons de faire avec le Ways Around Festival.

En quoi celui-ci sera-t-il différent des autres?

Pour créer Ways Around, nous nous sommes inspirés du festival ArcTanGent, à Bristol, et du PacRock. C’est-à-dire, proposer une programmation musicale alternative tout en créant une communauté autour de l’event. Partant de cette base, nous avons ensuite réfléchi à comment mettre en avant Bruxelles et exploiter son potentiel. L’idée d’associer des lieux réputés qui, en temps normal, ne travailleraient pas forcément ensemble sous la même bannière est arrivée assez rapidement sur la table. Ce qui permet aussi de mélanger les publics. Nous voulons inciter chaque personne à saisir l’occasion du festival pour se rendre dans 3 lieux mythiques de Bruxelles en favorisant la mobilité douce, afin de découvrir de nouveaux chemins ou passages à travers la ville. D’où le nom Ways Around!

Quelles sont les ambitions à court, moyen, et pourquoi pas long terme?

De manière générale, notre ambition est de créer un esprit de communauté autour de l’événement et de le conserver à travers les différentes éditions. Aussi, après 1,5 an de pandémie et les contraintes ou craintes qui en découlent, une frange du public a besoin de « réapprivoiser » l’ambiance de festival et pas se retrouver dans un wall of death directement - bien que ce soit super fun! Pour le reste, nous voulons que Ways Around trouve ses marques dans le paysage musical bruxellois. Par la suite, en utilisant le même concept, on pourrait exporter le festival dans d’autres lieux de Belgique.

N’est-il pas trop compliqué d’arriver à faire exister un nouveau concept entre l’incertitude d’une quatrième vague et l’embouteillage créé par les nouveaux concerts sur lesquels viennent s’ajouter les reports?

Oui, dans les circonstances actuelles, lancer un nouvel événement, c’est un gros risque. Ce qui fait que nous gardons un œil très attentif sur l’évolution de la pandémie. Un autre facteur qui vient également compliquer l’équation est que nous avons des groupes qui viennent de l’international. Donc, si leur pays respectif connait une flambée de cas, nous devrons certainement retravailler notre programmation. Et, par extension, si une quatrième vague oblige les autorités belges à de nouvelles restrictions, nous devrons prendre la décision de tirer la prise.

En ce qui concerne les embouteillages liés aux nouveaux concerts et reports, on ne prétend pas vouloir faire concurrence à de grosses salles de concert ou à d’autres gros événements qui pourraient avoir lieu en même temps que Ways Around. Notre programmation, les activités annexes comme notre Village Associatif et le concept de l’événement font vraiment partie de cette ADN qui nous distingue et qu’on veut mettre en avant.

waysaround.be