Franz Ferdinand

Paris, Olympia, le 17-03-2009 | par Popop le 21-03-2009
Première partie: Kissogram

2009 devait être l’année de Franz Ferdinand. Un nouvel album, une nouvelle tournée sold-out en quelques minutes, un buzz médiatique aussi énorme qu’à leurs débuts, un premier single plébiscité…  Bref, sur le papier, c’était le carton plein assuré. Puis arriva Tonight et l’engouement retomba comme un soufflé : accueil mitigé, fans divisés, nouvelle orientation électro pas assez assumée pour convaincre pleinement, places revendues à la va-vite sur ebay… D’un coup d’un seul, le groupe est passé du statut de valeur sûre à celui d’ex-gloire en pleine décrépitude. Injuste ? Clairement, mais c’est comme ça que ça se passe dans l’impitoyable monde de la musique.

Résultat, pour le passage des Écossais dans le cadre mythique de l’Olympia de Paris, on ne savait pas trop à quoi s’attendre. Grande communion synonyme de retrouvailles avec un public fidèle ? Vu l’accueil réservé à leur troisième album, il ne fallait pas trop y compter. Déclaration d’intention d’un groupe bien dans ses pompes et dans ses nouveaux habits de bidouilleurs électro ? C’était l’option la plus crédible, en tout cas celle que l’on aurait aimé voir. Car finalement c’est une troisième piste qu’a choisi Franz Ferdinand : le rétropédalage en catastrophe.

Visiblement conscients d’avoir loupé leur retour en fanfare avec un disque déstabilisant (bien que très bon au final quand on se donne la peine d’y rentrer), les quatre larrons ont préféré jouer la carte de la sécurité en mettant en avant leur glorieux passé – c'est-à-dire deux autres disques gorgés de tubes. Et en balançant d’entrée de jeu cinq gros singles en sept morceaux, le ton était donné : « pardon, on ne recommencera plus ». J’exagère ? Sans doute un peu, mais pour avoir vu le groupe a plusieurs reprises par le passé, quelque chose ne collait pas ce soir : l’énergie et les poses étaient toujours là, le public était bien réactif et Alex Kapranos l’a bien fait chanter à une ou deux reprises, mais rien ne semblait spontané. Et la fausse décontraction affichée n’a fait que renforcer ce sentiment de malaise.

Sans doute l’illusion aurait-elle pu être parfaite si le son de l’Olympia avait été à la hauteur de l’enjeu. Mais malheureusement pour cette salle d’ordinaire irréprochable, c’est une véritable bouillie sonore qui attendait quiconque se trouvait au milieu de la fosse : voix inaudible, guitares sourdes, claviers omniprésents, batterie en retrait… En fait, il faudra attendre le rappel pour retrouver un son enfin clair et surtout un Franz Ferdinand émancipé, jammant de bon cœur sur "Outsiders", bidouillant allègrement sur "Lucid Dreams" et prenant son pied à jouer les incendiaires pour conclure sur "This Fire".

Mais c’était trop peu. Et surtout c’était trop tard. Service minimum d’une heure quinze d’un groupe que l’on sait capable de beaucoup mieux que ça. En même temps, le public semblait ravi alors pourquoi se remettre en cause ? Allez, on s’accordera quand même une séance de rattrapage cet été puisque Franz Ferdinand sera à l’affiche de 90% des festivals européens. En espérant que le soleil et le grand air leur fassent du bien !