Nocturne

Onmutu Mechanicks

Echocord  |  2010
7 / 10
par Simon  |  le 3 décembre 2010

Alors qu'on le connaissait pour être un ferveur défenseur de la deep-techno, Arne Weinberg nous revient en 2010 avec un long format sur le prestigieux label Echocord. On ne fera aucun mystère en vous annonçant qu'on tient là un disque de dub-techno dans la plus grande tradition de l'écurie danoise. Les amateurs le savent, cette structure a su – à l'instar de Modern Love – cristalliser l'esthétique dub-techno en présentant les nombreux travaux de Quantec, Brendon Moeller, Luke Hess, Deadbeat ou Fluxion. Un travail qui puise ses inspirations dans les travaux dub-techno du milieu des années 90, là où Basic Channel faisait régner sa loi au sommet de la pyramide européenne.

Puisant son inspiration dans la techno, l'ambient et le dub, cette musique est avant tout une quête perpétuelle du son deep. La profondeur sonore apparait ici comme un graal que tous veulent atteindre, recourant pour cela à des mises en abîmes assez spectaculaires. Et à ce titre, Onmutu Mechanicks est un bon élève, trop bon même. Car avouons-le, si cette scène est d'une beauté transcendante, elle est avant tout régie par une série de codes stylistiques ultra-rigides, d'où ne s'échappent que de trop rares prises de risques. Oui, cette techno-dub revient à appliquer une formule vieille de quinze ans, plongeant les tracks dans des bains de claviers tous plus ressemblants les uns que les autres. On ne passe pas à côté d'un kick techno sourd et étouffé et on immerge le tout dans des volutes ambient du meilleur effet. Tout finira dans une étape de mastering cruciale, histoire de spatialiser à l'extrême tous ces éléments pour obtenir une jolie deep-techno en 3-D.

Onmutu Mechanicks tentera tant bien que mal de se détacher des clichés qui font de la dub-techno un genre aussi beau que classique (au sens péjoratif du terme). Pour ce faire, il n'hésitera pas à rendre ses tracks plus nerveuses par l'usage de kicks plus uptempo, plus amenés à percuter un club que ses copains fondus de léthargie. Mais qu'importe, la copie est trop propre, trop linéaire pour réellement séduire les habitués du genre. On se retrouve comme d'habitude avec un disque irréprochable, travaillé avec une précision chirurgicale, habile pour occuper nos premières soirées d'automne dans la contemplation la plus solennelle. Mais à quelques exceptions près (notamment le fabuleux « When You Return »), on retombe dans le pastiche le plus total, dans la singerie à ce point parfaite qu'on ne peut finalement que plier l'échine et accepter ce disque comme il vient, dans sa trop lisse perfection. Une réussite totale, qui s'accompagne d'une prise de risque inexistante. Un disque de techno-dub/ambient en 2010 quoi.