Manhattanbaby

PacoVolume

Discograph  |  2009
9 / 10
par Gwen  |  le 4 janvier 2010

Il nous a bien eu, le Paco. La nuque longue, le faisan sur l’épaule, le pseudo approximatif évoquant un douloureux croisement entre de la bossa nova et de l’euro dance. Avouons-le, certains attributs lui étaient peu favorables. Et puis, on abien failli le perdre, le Paco. Destiné à une brillante carrière d’oenologue, le parisien en avait délaissé ses talents de songwriter jusqu’à ce que la musique lui tapote à nouveau l’épaule et le rappelle à l’ordre. On ne le remerciera jamais assez d’avoir abandonné le Beaujolais nouveau pour nous enivrer d’un tout autre elixir…

Le bonhomme ne craint ni le banjo, ni le xylophone, ni les violons, ni la cithare. Sous sa fine moustache, PacoVolume produit un premier album pop aux accents folk qui ne prend jamais l’eau. Les mélodies sont aériennes, épicées, évidentes. On chavire sur une voix qui rappelle les curiosités spatiales de David Bowie (“Everybody Dies”) ou des refrains portés à l’unisson tels que sait si bien les mijoter Arcade Fire. “Ordinary Life” ou le single “CookieMachine” - que les Inrocks ont eu le flair d’intégrer sur leur compilation CQFD dès 2007 – possède l’énergie contagieuse des plus belles livraisons de Pulp. Dans sa flânerie, PacoVolume soigne aussi ses histoires. Il incarne un narrateur qui assiste ses personnages avec tendresse, qu’il s’agisse d’amour épanoui ou impossible, de regrets, de souvenirs d’enfance. Pour clôturer la parenthèse enchantée, “Discontinued Things” constitue la parfaite invitation à prolonger le voyage. Ailleurs.

Il n’y a rien de plus délicat que l’élaboration du joyau pop ultime. Atteindre le plaisir immédiat sans céder à la guimauve, aux effets de manche, aux citations patentes. Confectionner le morceau qui vous berce dans votre canapé, vous escorte dans les embouteillages, vous fait oublier de blasphémer alors que vous venez de fouler une merde de chien. Et PacoVolume fait partie de ces rares alchimistes qui possèdent la formule. Manhattan Baby vous laisse échapper un soupir de bien-être semblable à celui qui traverse votre salon, lorsque après une éprouvante journée de travail, vous libérez vos pieds de chaussures rigides et trop étroites.

Le goût des autres :