Happy End

Albin de la Simone

Tôt ou Tard  |  2021
7 / 10
par Amaury S  |  le 23 septembre 2021

Du haut de ses cinquante ans, Albin de la Simone est un artiste discret, mais confirmé de la chanson française. Quand il n’est pas claviériste pour Alain Souchon, Vanessa Paradis, Alain Chamfort, ou réalisateur pour Miossec, Pomme, Pierre Lapointe, ou même dessinateur ou membre du jury d’Angoulême, il écrit, compose et interprète des chansons aussi fines que mélancoliques qui, sans faire de bruit, ravissent ses admirateurs et admiratrices - un exemple parmi tant d’autres : "Le Grand Amour".

Ou du moins écrivait. Car si la pandémie et les confinements successifs ont inspiré certains de ses confrères et consoeurs, Albin de la Simone lui n’a pu poser le moindre mot sur le papier depuis la fermeture des salles de spectacle ; le chanteur devenu aphone devant se contenter de mélodies composées au piano. Au fil du temps, l’idée d’un album instrumental s’est logiquement imposée, et après discussion avec Tôt ou Tard est né Happy End qui ouvre même une série "Les Instrumentôt ou tard" au sein du label.

Enregistré au studio Feber en équipe ultra-réduite et en seulement 3 jours, le disque de 11 titres s’ouvre sur "Soleil" et dès les premières mesures, on retrouve le travail artisanal de la mélodie, du rythme et de l’orchestration qui font le charme des chansons d’Albin de la Simone. Au fil des morceaux se dévoilent des plages plus intimistes ("Umami", "Le Chalet"),  plus chaudes ("Californie"), plus expérimentales ("Estremadura") et même un "La Chambre" à l’ambiance "Gleen-Gouldienne". C'est cette densité et cette diversité qui font de Happy end plus qu’une collection de chansons sans paroles.

Car ce qui fait souvent la force d’une chanson française, ce sont ses mots, certes sublimés par la musique, qui viennent trouver écho en nous, car ils mettent en lumière une expérience, un ressenti, un sentiment partagé entre l’auteur et l’auditeur·rice. Avec son album instrumental, Albin de la Simone nous offre des paysages sonores ou chacun·e peut venir projeter ses états d’âme du moment. Et c’est très agréable d’offrir une bande-son à nos divagations.