Disko Drunkards

The Glimmers present

Autoproduction  |  2009
8 / 10
par Jeff  |  le 24 juin 2009

Producteurs émérites, encyclopédies musicales sur pattes, DJ's über courtisés et figures incontournables de la scène électronique belge, les Glimmers sont un duo dont la longévité et la qualité de la carrière forcent le respect. Avec dans leur escarcelle un DJ Kicks pour K!7, une compilation pour le compte de la mythique Fabric, des remixes incendiaires pour Tiga, Bloc Party, les Killers ou New Order, un premier album passé pour ainsi dire inaperçu (Gee Gee Fazzi) et des collaborations en pagaille, il est clair que les deux Gantois n'en sont plus à faire les putes pour grappiller une once de reconnaissance. Ainsi, à ce stade des débats, inutile de vous dire que ces deux ostrogoths sont arrivés à un point où ils peuvent laisser libre cours à leur envie, et ce projet intitulé Disko Drunkards colle à merveille à cette démarche d'électrons libres.

Ceux et celles d'entre vous qui sont déjà tombés sur un mix des Glimmers pourront vous le dire: ces mecs ne sont pas du genre à pécher par étroitesse d'esprit, bien au contraire. Il était donc logique que ce nouveau chapitre de leur carrière ne soit pas une exploration en règle d'un genre bien défini. Par ailleurs, vu la casting concocté par David Fouquaert and Mo Becha, l'auditeur ne risque pas de s'ennuyer. En effet, les deux noctambules gantois ont convié à leur petite sauterie quelques bons éléments de la scène musicale flamande: le batteur de dEUS Stéphane Misseghers, le leader de Millionnaire (et ex-Deus, Eagles of Death Metal et Evil Superstars) Tim Vanhamel ainsi que le bassiste de Vive la Fête Ben Brunin.

Réunie dans un studio, cette joyeuse bande ne perd pas un instant pour donner le ton et balance dans un chaudron bouillant tout ce qui plaît à ses protagonistes : rock, disco, post-punk, funk et house se sont donné rendez-vous pour une douzaine de tracks toutes plus percutantes les unes que les autres, à commencer par la réinterprétation tout en suavité du kitschissime « Physical » d’Olivia Newton-John, déjà présent sur Gee Gee Fazzi mais qui s’intègre encore mieux à l’ensemble ici, les miaulements de Tim Vanhamel se mariant à merveille à une section rythmique sèche comme un coup de trique et des guitares tranchantes. Entre borborygmes hypnotiques (« Kookoo »), duels épiques entre LCD Soundsystem et The Rapture (« Oh Oh Oh »), tentative plutôt amusante de marcher sur les plates-bandes de Gainsbourg (« Dans le mille ») ou délires discoïdes (« Picture »), difficile de trouver le temps long, d’autant plus que le disque ferait presque penser à un mix album tant l’organisation des pistes semble avoir été pensée jusque dans les moindres détails pour que jamais l'auditeur ne redescende de ce petit nuage duquel, le sourire béat, il admire un groupe sacrément rodé donner une leçon de groove.

Finalement, le seul regret que l’on puisse exprimer au sujet de ce disque, c’est le fait qu’il vous soit difficile de vous le procurer. En effet, complètement en marge de l'industrie du disque, les Glimmers ont décidé de ne plus distribuer leur productions que gratuitement et lors des évènements lors desquels ils se produisent. Bref, pour qu'un maximum de gens se procurent son exemplaire de Disko Drunkards, il faut espérer que les dates estivales du groupes soit à la hauteur des espoirs placés dans le disque et en entraîne d’autres, ailleurs qu’en Belgique. Ce serait en tout cas amplement mérité.