Brilliant Sanity

Teleman

Moshi Moshi  |  2016
9 / 10
par Jeff  |  le 9 mai 2016

On a l’habitude de dire que ces derniers temps, la catégorisation musicale a sombré dans le grand n’importe quoi - en même temps, le jour où on a essayé de nous faire croire que la chillwave et la witch house voulaient dire quelque chose, on a vite compris que les choses ne seraient plus jamais comme avant.  Après, c’est sûr que l’époque est au télescopage des genres, à la copulation permanente. Mais un moment, faudra arrêter de nous prendre pour des cons.

Paradoxalement, vous tenez ici la pose d’un type qui rue dans les brancards alors que pour parler du nouvel album de Teleman, il a envie d’opter pour le classement le plus ridicule qui existe : la catégorie pop-rock, soit cet espèce de grand fourre-tout qui sert juste à masquer son incompétence à mettre des mots justes sur une musique un peu pop, un peu rock, mais absolument pas 'pop-rock'.

Parce que si je n’ai jamais parlé de Teleman sur le site, ce n’est pas par désamour ou ignorance. On peut même dire que je suis un fan de la première heure, celle où Thomas Sanders (aujourd’hui leader de Teleman et avant ça à la tête des nerveux Pete & the Pirates) me faisait déjà tourner la tête avec Tap Tap, son projet lo-fi pour Stolen Recordings. Thomas Sanders, talentueux porte-étendard de ses différents projets, mais toujours à l’écoute des bonnes idées et toujours bien entouré. Il n’y a qu’à voir les différences notables qui existent entre Tap Tap, Pete & The Pirates ou Teleman pour s’en convaincre. 

Pop-rock donc,  Brilliant Sanity l’est très certainement, même si le disque s’ouvre sur « Düsseldorf », ville dont sont notamment originaires Kraftwerk et Neu!, et à qui les Anglais ont très probablement emprunté les rythmiques motorik qui mettent ce second disque sur les rails en quelques secondes à peine. Concentré autour de cet axe franco-anglais, Brilliant Sanity n'emprunte pas les chemins de traverse ou les raccourcis : tout doit être efficace, mais rien ne peut être facile. Ainsi, si le songwriting privilégie les idées simples et les progressions mélodiques somme toute classiques, le soin apporté aux détails des arrangements est peut-être ce qui rend ce second effort un peu plus indispensable que l'immense majorité des trucs que vous pourrez écouter en 2016.

En tout cas, pour un groupe qui, sur son Bandcamp, ambitionne de façonner "des pop songs impeccables", et se dit à la recherche "de l'accroche parfaite", force est de constater que Teleman s'est donné les moyens de ses ambitions. Et les bonnes chansons pour les concrétiser.  

Le goût des autres :