Le biopic sur Michael Jackson qu'on n'aura pas envie de voir est dans le pipeline

Le biopic sur Michael Jackson qu'on n'aura pas envie de voir est dans le pipeline

par Jeff  |   le 26-11-2019

Avec son petit milliard de bénéfices (pour un budget d'une cinquantaine de millions de dollars), Bohemian Rapsody a confirmé ce qu'espéraient pas mal de producteurs et de gestionnaires de patrimoines de grands artistes décédés : pas besoin de se faire chier à dresser le portrait honnête d'un artiste; il suffit de balancer plein de tubes, de n'évoquer que les épisodes les plus consensuels de son existence, de faire semblant de parler des moments plus compliquées, et idéalement de confier le tout à un réalisateur à la botte d'un grand studio et qui n'ira pas foutre son nez là où il ne peut pas.

Gigantesque robinet d'eau tiède à la gloire d'un chanteur aux énormes zones d'ombre, Bohemian Rapsody est en quelque sorte un dangereux précédent et une vraie tentation pour des grands studios aux abois dont l'audace est aujourd'hui un trait de caractère à peu près aussi marqué que la mesure dans un discours de Jean-Marie Le Pen.

D'ailleurs, preuve que des gens pensent qu'on peut tout gommer sans que personne ne s'en indigne vraiment, la société de production à qui l'on doit Bohemian Rapsody a trouvé un accord avec les ayant-droits de Michael Jackson pour qu'un biopic autorisé voie le jour. Le magazine Deadline annonce même qu'un scénariste aurait déjà été trouvé (John Logan, qui a travaillé sur le Aviator de Martin Scorcese) mais qu'aucun studio n'est encore sorti du bois pour s'offrir le projet.

Autant vous dire que si cette perspective se concrétise (et on ne doute pas une seule seconde qu'elle se concrétise), on risque d'évoquer très superficiellement (ou pas du tout) les roustes paternelles, les rumeurs d'homosexualité refoulée, l'affaire des parties de touche-pipi à Neverland ou son amour pour le bistouri qui semblait relever davantage de la psychiatrie que de la chirurgie esthétique... Dommage tant il y aurait des choses à dire sur le parcours d'un King of Pop qui n'avait pas usurpé son titre, mais qu'une vie jalonnée d'épreuves et d'embuches a trop vite poussé du côté obscur de la force.