Wilco

Ancienne Belgique, Bruxelles, le 02-03-2012 | par Jeff le 08-03-2012

Il en va de la musique comme de la mode: si la hype et les pseudo-tendances dominent aujourd'hui le marché, un retour aux fondamentaux reste quand même le meilleur moyen d'assurer en toutes circonstances. Et à ce petit jeu là, si Wilco devait être un vêtement de notre précieuse garde-robe, ce serait certainement cet increvable polo Fred Perry bleu marine qui défie les modes et les époques pour asseoir un peu plus encore le mythe. Habituée à accueillir en son sein des groupes portant (un peu trop) haut et (un peu trop) fort les couleurs de saison, l'AB bruxelloise déroulait ce weekend le tapis rouge pour les Chicagoans, qui sont quand même parvenus au double sold out sans sourciller – ce qui est quand même autrement plus louable que de s'offrir un Forest National sans âme et avec son pourrave.

Tel le polo Fred Perry susmentionné, Wilco n'a plus vraiment l'âge ou même l'envie de nous surprendre. Non, juste le plaisir de nous conforter dans l'impression laissée par sa précédente tournée ou The Whole Love: que ce groupe est un parangon de force tranquille, un exemple de régularité et le genre de formation que l'on irait presque voir résigné tant on sait plus ou moins à quoi s'attendre. On a bien dit presque, car l'efficacité scénique dont fait preuve Wilco depuis de très nombreuses années justifie largement le prix du billet. En fait, la seule véritable interrogation du concert se voit levée dès les premières minutes de la prestation. En effet, on sait que Wilco n'est pas du genre à déclencher les hostilités sur le morceau le plus évident de son répertoire ou le dernier single de son récent album. On en a eu une nouvelle preuve ce vendredi à Bruxelles avec, en ouverture de concert, la longue (douze minutes quand même) mais magnifique ballade "One Sunday Morning (Song For Jane Smiley's Boyfriend)" à laquelle à succédé "Poor Places", pas vraiment le morceau le plus évident du classique de 2002 Yankee Hotel Foxtrot.

Pour le reste, et exception faite d'une version country (et donc un peu décevante) de l'immense "Spiders (Kidsmoke)", le public bruxellois a eu droit à un concert-type de Wilco. Et donc un concert dont les maîtres-mots étaient classe et qualité. Concentrant son set sur ses cinq derniers albums studios (avec quand même une petite incursion dans AM et Being There), la joyeuse bande emmenée par un Jeff Tweedy qui ne s'est jamais aussi bien porté n'a vraiment pas eu besoin de forcer son talent pour démontrer que dans le petit monde de l'americana, il n'y avait pas vraiment de concurrents en mesure de lui arriver à la cheville. Mais bon, histoire de ne pas laisser planer le doute, elle s'est employée à nous le faire savoir pendant deux bonnes heures. Deux heures de bonheur aussi pur que simple.

Setlist:

One Sunday Morning (Song for Jane Smiley's Boyfriend)
Poor Places
Art Of Almost
I Might
At Least That's What You Said
I Am Trying to Break Your Heart
One Wing
Bull Black Nova
Black Moon
Spiders (Kidsmoke)
Impossible Germany
Sky Blue Sky
Whole Love
Box Full Of Letters
Born Alone
War On War
Dawned On Me
A Shot in the Arm
Hummingbird

Rappel:

Theologians
I'm the Man Who Loves You
Red-Eyed and Blue
I Got You (At The End Of The Century)
Outtasite (Outta Mind)