Jump Rope Glazers

The Beths

Carpark Records  |  2020
7 / 10
par Jeff  |  le 27 juillet 2020

Un meme m’a fait sourire récemment. Un graphique dont la courbe tendant à démontrer que depuis la mort de David Bowie, c'est la débandade. Si l’on généralise, on peut dire que tout ce qui suit le 11 septembre 2001 peut-être globalement qualifié d’« époque de merde ». Si l’on se limite à notre petit confort d’Occidental, on peut également affirmer que celui-ci a été sérieusement bousillé ces cinq dernières années, avec la série d’attentats terroristes qui ont touché l’Europe d’abord, avec une pandémie qui a été plus disruptive qu'un TED Talk ensuite. Du coup, le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est compliqué.

Et face à la complexité du monde, il est bon de pouvoir se réfugier dans des disques simples. Pas vidés de leur capacité à nous faire ressentir des choses, juste simples. Et pour arriver à nos fins, on a un gros faible pour The Beths, groupe néo-zélandais qui, avec les newbies bataves de Pip Blom ou les indéboulonnables américains de The New Pornographers, sont à la tête d’un mouvement power-pop, qui malheureusement n’intéresse plus grand monde en 2020. Pourtant, vous êtes loin d’imaginer combien vous avez besoin de la bande à Elizabeth Stokes dans vos vies. En fait, à peu près autant qu’en 2018, quand le groupe sortait Future Me Hates Me et sa palanquée de tubes qui s’ignoraient superbement (« Not Running », « Little Death » et on en passe).

La période de laquelle on sort (et vers laquelle on se dirige peut-être à nouveau) nous a au moins appris une chose : ne pas demander la lune. Cela tombe bien, les Beths ne procèdent pas à un reboot de la machine, et s’attèlent simplement à perfectionner leur formule, à la rendre plus agréable encore. Et toujours avec ce qui ressemble à une humilité et une bonne humeur qu’on ne peut prendre pour feintes. Alors oui, on pourra arguer que Jump Rope Gazers manque peut-être de vrais singles forts pour « pousser » le disque, mais c’est probablement parce que l’on est devenus extrêmement exigeants avec eux : la ballade midtempo qui donne son titre au disque, ce « Not Getting Excited » porté par le genre de riff que Rivers Cuomo a arrêté de pondre il y a 5 ans ou « Mars The God of War » sont autant de preuves éclatantes de la brillance mélodique de The Beths. Et cette absence de single évident est contrebalancée par une production autrement plus aboutie, qui constitue la vraie valeur ajoutée du disque.

Bref, si rien ne va plus depuis la mort de Bowie, on peut argumenter que la courbe reprend du poil de la bête depuis que The Beths sont réapparus sur nos radars.