Access All Arenas

Justice

Because  |  2013
3 / 10
par Aurélien  |  le 29 mai 2013

Allons à l’essentiel: si l’on fait partie des rares qui défendront contre vents et marées un deuxième album affreusement kitsch et graveleux, on peine à être convaincus de la réelle utilité de cet album live de Justice.  D’abord parce qu’un premier live avait déjà suivi la sortie du premier album et que ce All Access Arenas se contente de conserver certaines transitions de cette tournée à l’identique. Ensuite parce qu’il est difficile d'y voir autre chose qu’un peu de fric facile pour alimenter la trésorerie d'Ed Banger.

Stricto senso, on a bien du mal à attaquer la qualité du live de la paire Xavier De Rosnay/Gaspard Augé: les Parisiens continuent de creuser cette veine hard-rock électronique qui en a fait tant frémir à la sortie de Audio Video Disco et ce serait cracher dans la soupe que de dire que ce set best of, martial et grassouillet ne remplit pas pleinement son office. Enfin, à condition d'être entassé comme du bétail dans une fosse suante et bruyante dans un Zénith de Paris surexcité. Car à écouter ce All Access Arenas dans nos pénates, c’est l’effroi : la captation de ce concert aux Arènes de Nîmes est une réelle catastrophe. Aucun effort ne semble d’ailleurs avoir été fait pour soigner un minimum cette sortie: outre le mastering pitoyable, il faudra purement et simplement oublier le DVD filmé par plusieurs fans dans le public et qui devait initialement en accompagner sa sortie. Pas cool quand on sait ce qu’un pareil concept avait donné pour le Awesome ! I Fuckin’ Shot That des Beastie Boys… Et surtout qu’on songe à ce qu’il aurait pu donner sur ce genre de show musclé au bon goût de plaisir coupable.

On est clairement ici en présence d’une espèce de miracle susceptible de réconcilier les haters et les fans les plus ardentes: tandis que les premiers pesteront de plus belle sur l’aura d’un groupe qui n’atteint pas en live le niveau de maestria de Daft Punk ou des Chemical Brothers, les autres ne pourront que saluer la laxisme exemplaire dont l’écurie de Pedro Winter a fait preuve. Et alors qu’on aurait sans doute pu donner à Access All Arenas le bon dieu sans confession si le produit fini avait été aussi soigné qu’A Cross The Universe, on se demande ici si l’on est pas face à une opération d’hara-kiri marketing. En attendant d'en avoir la réponse toutefois, autant user vos deniers durement gagnés sur le live salvateur de Simian Mobile Disco...