
In Whose Name
Réalisé par Nico Ballesteros, qui a accompagné Kanye West, bénévolement et au quotidien, pendant six ans, ce documentaire — dans sa forme envisagée, du moins — plonge au cœur du chaos mental de l’artiste. Sans médiation ni pudeur, il explore les failles d’une existence marquée par la démesure, le grotesque, et par ces fulgurances qui, parfois encore à l’époque, traversaient un ego en perdition. Six années durant, la caméra a enregistré les convulsions d’un esprit incandescent, captant aussi bien les intuitions d’un créateur hors norme (même si ses fringues sont immondes) que les fissures silencieuses d’un homme livré à ses propres abysses.
Il en émerge un portrait aussi glaçant que misérable. Celui d’un être malade, réfractaire aux traitements, gonflé d’une vanité que nul n’ose contrarier — jamais l’ombre d’un refus. Un individu haineux, dangereux, pour son entourage comme pour lui-même. Donner à voir cela, est-ce tenter de le comprendre ? Est-ce l’excuser, voire le revendiquer ? Nulle rédemption ici. Seulement l’attrait morbide du voyeur. Et une fois de plus, aux yeux des complices et des coupables, la preuve éclatante de la prétendue grandeur d’un homme qui se livre tel qu’il se perçoit. Pathétique, donc. Mais troublant, aussi. Tant une telle proximité est rare.
Cru, violent, In Whose Name s’impose comme un film à la fois vulgaire et voyeuriste — dont se délecteront sans nul doute les trois derniers admirateurs du type qui a écoulé sur sa plateforme des tee-shirts à l’effigie nazie. (Nico P.)
Disponible à la demande


