Hotel Paranoia

Jazz Cartier

Indé  |  2016
5 / 10
par Ruben  |  le 16 février 2016

Dans un rap-jeu toujours plus compétitif, les barrières à l’entrée du club sont extrêmement difficiles à franchir pour les milliers de rookies qui cherchent à se faire une place dans l’histoire du double H. En avril 2015, un jeune Canadien du nom de Jazz Cartier avait pourtant fait un grand pas dans la bonne direction avec sa mixtape Marauding In Paradise, qui avait fait pas mal de bruit, notamment à Toronto, sa ville natale et berceau du New R&B. Très logiquement, l’étape suivante dans le cycle de vie d'un MC consiste à accoucher d’un projet plus concret. C’est chose faite avec l’arrivée, en ce mois de février 2016, d'Hotel Paranoia.

Néanmoins, le debut album de Jazz Cartier se révèle ne pas être à la hauteur des espérances, notamment parce qu'il se positionne dans un secteur déjà saturé, où les marges de manœuvre sont très faibles. En effet, avec IYRTITL de Drake, le (décevant) Free TC de Ty Dolla $ign, OMMIO2 de RJ, T R A P S O U L de Bryson Tiller et les deux tapes de Tory Lanez, on a eu notre dose de trap chantée en 2015.

Malheureusement, Hotel Paranoia s'inscrit directement dans la lignée des projets de ses prédécesseurs. Sans textes convaincants ni beats sortant de l’ordinaire, aucun des 16 titres n’arrive vraiment à nous surprendre et l'album sombre rapidement dans la médiocrité. Certes, on essayera d’accrocher au sympathique « Tales » ou à l’explosif « 100 Roses », puis d’accorder un peu d’attention au très personnel « One Day Feel Away », mais on jettera vite l’éponge pour se focaliser sur d’autres MC qui proposent une expérience nouvelle et plus innovante – on pense notamment à Post Malone.

Sans être désastreux, Hotel Paranoia ressemble beaucoup trop à un vulgaire CTRL+C/CTRL+V de ce que l’année 2015 nous a proposé en hip-hop pour mériter une place digne de ce nom dans nos playlists iTunes. L'impression demeure que le même album aurait dû sortir il y a un an, si pas deux. Ce goût amer pénalise lourdement ce premier album d’un Jazz Cartier qui pensait prendre la bonne direction sans se rendre compte qu’en réalité il roulait déjà à contresens.