Debonair

Horsey

 |  2021
8 / 10
par Nikolaï  |  le 28 octobre 2021

Apparemment, les Britanniques veulent larguer dans la nature autant d’albums de post-punk en 2021 que durant les années 80. Les raisons de cette stratégie restent encore mystérieuses. Disons que les retombées du Brexit ont probablement poussé tout un tas d’individus à sortir les crocs pour extérioriser leur Mark E. Smith. Mais qui pourrait se plaindre du succès de black midi, de Black Country, New Road, ou de Squid ? S’il reste de la place dans votre cœur pour un énième groupe du sud de Londres, accueillez-y donc Horsey.

Autant mettre les pendules de Big Ben à l’heure, ce disque possède l’étiquette « post-punk » uniquement pour des raisons flemmardes de facilité de catégorisation. Debonair est bien plus ouvert d’esprit et indéchiffrable. La direction musicale y est chaotique, sans aucune logique. Le quatuor se fait une joie quasi-perverse de passer du coq à l’âne, sans aucun respect pour les convenances et les règles de politesse élémentaires. Rock à guitares qui cogne sur "Arms and Legs" ; ambiance jazzy sur "Sippy Cup" ; pop de cabaret et piano bar creepy sur "1070" ; instrumental enchanteur sur "Leaving Song"… C'est bien simple : leur éventail est aussi large que l'ego de Glenn Danzig

Le chanteur/guitariste Jacob Read et son approche démente du lyrisme couplé avec son attitude théâtrale en font un frontman à ranger aux côtés de l'incroyable Geordie Greep. Soulignons qu'il est un ami très proche et collaborateur de King Krule, d'ailleurs producteur de l'album et présent sur le morceau final "Seahorse". Histoire de compléter le tableau, le batteur d'Horsey officie également derrière les fûts du prince de l'indie rock et le bassiste n'est autre que... son frère. Kingkruleception. Et bien que cette chronique arrive à la bourre, deux mois après la sortie de Debonair, il était impossible de ne pas partager notre intérêt pour ce petit bijou atrocement sous-côté.

Bref, relayez l'information et prêchez la bonne parole. Cinq ans après sa formation, Horsey a désormais son canapé confortable dans la cour des grands et va pouvoir faire de l'ombre à toute une scène.