Quand Bandcamp va, tout va!

par Émile  |  le 13-02-2018

A son lancement, Internet incarnait pour les amateurs de musique une table rase parfaite pour y installer les fondements du mythe libertarien de l'échange infini de connaissances musicales et d'albums. Trente ans plus tard, la vie de la musique underground en est à peu près au même point que la Résistance contre l'Empire Sith au début de l'épisode V de Star Wars, la Force en moins. A moins que ?

Sans parler d'organisation chargée en midi-chlorien non plus, Bandcamp est en train de faire vivre une seconde jeunesse à la musique indépendante, en fournissant à plus de 3.500 labels un excellent espace de promotion, de merchandising et de réseautage. Le monde de l'écoute musicale s'est fondamentalement révolutionné dans l'informatique, et ce sont les géants du streaming qui ont raflé la mise. Spotify, Deezer, Spotify, Tidal, YouTube ou Apple Music contrôlent l'industrie de l'écoute musicale de la même manière que les majors ramènent à eux à la fois les artistes et l'attention du public : 99% du streaming mondial se concentre sur 10% des artistes.

C'est là que Bandcamp peut se positionner comme un lieu de résistance efficace, en concentrant une part non-négligeable des artistes et labels qui ne souhaitent pas appartenir au système majoritaire. Et ça fonctionne! Les ventes physiques de 2017 ont augmenté, +56% pour les vinyles, +41% pour les cassettes et +16% pour les CDs, de même que les ventes digitales, que ce soit au format album ou "au titre". C'est la sixième année consécutive que le site permet aux labels d'avoir des ventes en hausse, et le pire, c'est que ce n'est même pas dû au fait d'être intégré à l'économie musicale.

Le plus fort dans tout cela, en effet, c'est que l'industrie musicale est en perte de vitesse, et que la résistance Bandcamp fait fructifier le marché indépendant contre toute attente ! Les ventes d'albums ont globalement chuté de 20%, en digital comme en physique. Tant que Bandcamp maintient son indépendance, et continue à favoriser les labels et artistes dont personne ne veut acheter les droits, la musique underground a une chance de se maintenir au-dessus de l'eau financièrement.

Pour en savoir plus sur la bonne santé de Bandcamp, on vous renvoie au post "2017 in review" sur le blog de la plateforme.