Pour préparer doucement la rentrée, on s’est dit qu’il n’y avait rien de mieux que de commencer ses lectures par le top : les éditions Allia nous font ainsi l’honneur de vous offrir un extrait du dernier livre de Jon Savage, Le reste n’était qu’obscurité, à paraître en ce début de septembre. Après s’être brillamment attaqué à l’histoire du mouvement punk, il semble presque logique pour le journaliste britannique de revenir en focalisant son travail sur ses suites – le post-punk – dont le groupe Joy Division fait en quelque sorte figure de proue, ou tout du moins, participe à son rayonnement le plus étincelant.
Le reste n’était qu’obscurité consacre donc ses pages à raconter l’histoire de la bande à Ian Curtis dans une forme nouvelle qui suffit à nous convaincre sur l’intérêt et l’utilité de ce bouquin : le discours polyphonique. Ainsi, dans une progression historique, chaque acteur ayant participé au mouvement, ou ayant été témoin direct de celui-ci, prend la parole – tant sur leur entourage ou leurs actes que sur la culture de l’époque ou même les implications de Manchester comme ville écrin. Une histoire complète dont la collection des archives et des propos s’est étalée sur une trentaine d’années. Il ne s’agit par conséquent pas d’une photographie d’un instant t de la narration, mais bien d’un contexte total s’attachant à chaque personne, chaque relation, chaque background et répercussion des événements : l’effet papillon qui caractérise les légendes en est de ce fait d’autant plus perceptible. Et surtout, si ce livre permet un accès direct aux récits fantomatiques, il bénéficie d’un expert de renom dans le rôle de l’agent de contrôle qualité, façon qualité supérieure. Rien de moins.
On vous laisse sur quelques pages qui commencent à évoquer les respectives découvertes des Sex Pistols par les membres de Joy Division et leur entourage. Le début de la fin, l’alpha et l’oméga, le chaos et ses échos.