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4 ans. Cela fait 4 longues années que nos Jeunes Pousses avaient disparu du paysage. Au cours de cette période, la façon dont on consomme et découvre la musique a bien évolué, le gens délaissant plus que jamais la presse, traditionnelle ou indépendante, pour accorder une importance grandissante aux réseaux sociaux ou à une playlist Spotify publiée sans grande mise en contexte. C’est dans cet environnement un peu hostile à la curation "à l’ancienne" qu’il nous a semblé opportun de faire machine arrière, et de réactiver un concept qui a fait ses preuves par le passé. Sur le fond, rien n’a vraiment changé : Jeunes Pousses, c’est encore et toujours une compilation MP3 totalement gratuite qui met en évidence des jeunes groupes, des talents émergents ou des artistes peut-être bien établis, mais encore trop peu connus dans nos contrées, le tout dans un écosystème propre au site, avec pour chaque titre de courtes explications. Par le passé, Aldous Harding, BRNS, Odezenne, The Comet Is Coming, HAIM, Bagarre, Girl Band ou The Districts sont tous passés par la case Jeunes Pousses avant de connaître un succès qui était amplement mérité. C’est précisément ce qu’on souhaite à tou·te·s les artistes retenu·e·s pour cette nouvelle fournée faisant la part belle aux guitares, qu’elles viennent de Suisse, des États-Unis, de France, du Royaume-Uni, d’Italie, de Norvège ou de Belgique.

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  • Retirement Party

    Runaway Dog

    De tout temps, le rock a principalement été une histoire de riffs. De fait, une personne saine d’esprit ne peut contester la puissance d’un bon riff, et sa capacité à foutre en l’air pas mal de choses qui jusque là semblaient fonctionner très correctement dans nos caboches. Et cela, les Américains de Retirement Party l’ont bien compris, en plaçant en ouverture de leur nouvel album, qui vient de sortir sur Counter Intuitive, une bombe de titre portée par quelques accords de guitare lourds et lancinants qui servent de tapis sonore idéal pour la voix obsédante d’Avery Springer, rapidement rejointe par ses camarades de jeu. « Runaway Dog », c’est du rock indie comme seule l’Amérique post-noughties peut nous en servir, et qui figurerait en très bonne place dans la B.O. de l'incroyable série Friday Night Lights si quelqu’un avait l’idée de la rebooter.

  • Why Bonnie

    Athlete

    Why Bonnie a tout pour faire exploser le paysage de la dream pop. Déjà signé chez les cadors de Fat Possum Records, le groupe texan brille par la fluidité de ses compositions. Dans Voice Box, leur dernier EP sorti en avril 2020, c’est bien simple, rien n'est à jeter. Et « Athlete », petit hymne à la gloire des espoirs déçus, est un grand titre aux couleurs nineties. Et que dire du chant de Blair Howerton rappelant toute la clarté et la technique de Caroline Polachek, Dolores O’Riordan et Hope Sandoval ? On en est encore bluffé.

  • Deeper

    4U

    Nouvelle sensation du renouveau post-punk, le trio chicagoan Deeper a déjà tout d’une pépite taillée pour les prochaines éditions de la Route du Rock et du Micro Festival : une voix rappelant celle d’un jeune Robert Smith et des mélodies tout aussi travaillées qu’efficaces. Impressionnant de maîtrise pour un groupe au répertoire encore restreint, Deeper se pose en future référence. Leur deuxième album Auto-Pain sorti en mars 2020 est même bien parti pour figurer dans le top de fin d’année des rédacteurs de GMD.

  • Real Farmer

    The Pressure of Other

    Pour vous parler de Real Farmer, on a envie de faire aussi court que les titres qu’ils pondent, et qui dépassent rarement les deux minutes : entre l’urgence du punk et la sophistication du post-punk, le groupe néerlandais fait le choix de ne pas choisir, et enchaîne les tackles destructeurs, mais avec l’élégance d’un Virgil Van Dijk des grands jours. Propre. Très propre et très sale à la fois.

  • Roxy Girls

    Dirtier

    À Sunderland, il n’y a pas qu’une équipe de football à la recherche de sa gloire passée en Premier League dont la scoumoune est brillamment décortiquée par Netflix depuis deux saisons. La cité portuaire est aussi la ville des Roxy Girls, quatre gars jouant un post-punk ne s’embarrassant d’aucune fioriture. À l’écoute du très ramassé « Dirtier », on cherche encore à savoir qui sont ces fameuses « filles ». Peut-être une référence au Roxy Music du voisin de Newcastle, Bryan Ferry ? En tout cas, ils nous font plutôt penser à Wire et XTC. Ce sont eux nos « kings in the north ».

  • Fornet

    Her Eyes Dropped (A Flower)

    Sec comme un coup de trique et cadencé avec la détermination d’un CRS en excès de zèle, le post-punk de Fornet allie froideur et rigueur pour un résultat pourtant plus chaleureux et engageant qu’on pourrait le penser. Et de fait, « Her Eyes Dropped (A Flower) », le titre qui ouvre le récent EP du groupe limbourgeois, résume bien un groupe qui aime glisser sa main de fer dans un beau gant de velours.

  • Thank

    No Respect For The Arts

    Ces teigneux de Leeds sont plutôt avares en information. Leur bio Bandcamp précise que Thank est un « groupe de reprises de Slipknot » et basta. On aurait été plus convaincu du sérieux de la description si le groupe avait fait allusion à Girl BandPrettiest Eyes, voire METZ. En tout cas, nous avons affaire ici aux Jeunes Pousses les plus bruyantes de cette édition. Le genre à vous faire bourdonner les esgourdes encore quelques heures après un concert. Et ça, c’est peu de dire que ça nous plaît.

  • Lewsberg

    Through The Garden

    Ces derniers temps, il est conseillé d’aller chercher ses influences du côté de Wire, de The Fall ou de Joy Division pour augmenter ses chances de figurer sur les radars des programmateurs - et dans un sens, cette compilation en est un exemple de plus. Mais il y a aussi des groupes qui traversent les époques, et dont le poids reste inchangé, quelle que soit l’humeur du moment. Parmi eux, le Velvet Underground, véritable alpha et omega de l’art rock à qui les bataves de Lewsberg doivent très certainement vouer un culte. En tout cas, sur son nouvel album sorti en mars, le groupe de Rotterdam ne ménage pas ses efforts pour jouer sur les textures et alterner les cadences, pour un résultat qui oscille entre le déroutant et l’obsédant.

  • Moaning

    Ego

    Trio guitare / basse / batterie tout ce qu'il y a de plus classique, et adepte d'un post-punk légèrement noisy, mais tout ce qu'il y a de plus traditionnel, Moaning est un groupe parmi tant d'autres dans le catalogue de Sub Pop. Enfin, ça c'était avant que les trois jeunes gars de L.A. ne découvrent les claviers, et se sentent investis d'une noble mission : se réinventer. Il faut l'archi-efficace "Ego", pour réaliser combien ces trois-là ont gagné en confiance en eux sur Uneasy Laughter, et réaliser que la discographie complète de New Order a dû beaucoup tourner en studio.

  • Paradoxant

    Dead Beat

    Parmi les success stories de Jeunes Pousses, il y a BRNS. C’est en participant à l’aventure en 2011 que les Bruxellois ont pu trouver un booker en France, ce qui a permis au groupe de passer un véritable cap dans sa carrière. Du coup, ça nous fait d’autant plus plaisir de relancer la machine en accueillant Paradoxant, le side project d’Antoine, le bassiste de BRNS. Sur « Dead Beat », l'indie a tiroirs délicieusement alambiquée qu’il pratique habituellement avec son groupe laisse la place à quelque chose de beaucoup plus instantané, lorgnant du côté de John Maus, ou des Liars des bons jours.

  • Structures

    Sorry I Know It’s Late

    Les Français de Structures partagent leur nom de scène avec des Canadiens plutôt branchés metalcore qui ont encore les faveurs des algorithmes de Spotify et Deezer malgré leur silence depuis 2014. Mais c’est bien le groupe amiénois sélectionné comme l'un des représentants de la Picardie aux Inouïs du Printemps de Bourges 2019 qui nous a tapé dans l’œil. Et pas qu'un peu. Sur l’EP Long Life, leur post-punk dopé à la new wave avait fait mouche. En ce beau printemps 2020, ils confirment les espoirs placés en eux avec la sortie d'un single surpuissant « Sorry, I Know it’s late but… », premier extrait de How does it feel ?, un premier album à paraître cette année et qui voit le groupe se rapprocher de ses compatriotes de Rendez-Vous.

  • Cassels

    A Snowflake in Winter

    Deux frères. L’un à la guitare et au chant, l’autre à la batterie. Voilà le duo qui compose Cassels. Originaire d’Oxford, la fratrie aurait logiquement dû vouloir se mettre dans les pas de leurs illustres aînés Radiohead et Foals. Que nenni. On la soupçonne plutôt d’avoir ingurgité des louches de Los Campesinos!, Bloc Party, We Were Promised Jetpacks et Kyuss. Et de les avoir très bien digérés comme le prouve « A Snowflake in Winter », titre extrait de The Perfect Ending, album sorti fin 2019.

  • Italia 90

    An Episode

    Que vous le prononciez Italia novanta, Italia ninety, Italia nonante, ou Italia quatre-vingt-dix, peu importe : vous ne pouvez que tomber sous le charme de ces quatre Anglais que l’on a vraiment à la bonne. On vous en parle depuis l’année dernière, mais on a décidé d’en remettre une couche. « New Factory » nous avait alors fait forte impression et « An Episode » qui figure sur cette compilation nous régale encore. Les Londoniens nous ont déjà fait le bonheur de venir jouer à Bruxelles lors d’une soirée organisée par GMD, et ils ont eu les honneurs d’une tournée française en première partie des darons de Frustration. Et comme pour Squid, Egyptian Blue et toute cette nouvelle vague du post-punk britannique, vous n’avez pas fini d’entendre tout le bien qu’on pense d’Italia 90.

  • Spielbergs

    We Are All Going To Die

    Du rock indé d’Oslo, voilà comment les Spielbergs se présentent eux-mêmes sur les réseaux, tout en sobriété. Ils ont récemment reçu les éloges de la presse anglophone - et cela va du NME à Stereogum, en passant par The 405. Tous ces médias ont salué la vigueur du trio, et à raison : on retrouve chez eux la puissance de formations comme les Cloud Nothings ou les Japandroids. Encore méconnus dans nos contrées, leur verve teenage que l’on retrouve dans ce titre (sorti bien avant une certaine pandémie, on précise quand même) est appelée à faire des ravages sur scène.

  • Annabel Lee

    Farewell Everyone

    Si nous avions réactivé le concept de Jeunes Pousses deux ans plus tôt, il est fort possible que nous ayons déjà demandé à Annabel Lee d’y participer. Mais on ne regrette pas notre retard au ré-allumage : sur cette période, la montée en puissance du groupe bruxellois a été incontestable, comme les évolutions qu’il a subies. L’année 2020 a été l’occasion pour Audrey Marot d’enfin sortir un premier album sur Luik Records qui résume à merveille sa sensibilité, mais surtout un amour qu’elle partage à parts égales entre des motifs hérités du grunge, une innocence propre à l’anti-folk, et cette élégance si caractéristique d’un certain rock indie américain des années 90 et 2000. « Farewell Everyone » n’est peut-être pas le titre le plus évident de Let The Kid Go, mais c’est celui qui nous a le plus touché.

  • Budget Trash

    Daddy

    Non, « Daddy » n’est pas une des nouveautés pondues à la chaîne par Oh Sees ou les Allah-Las, mais bel et bien l’oeuvre des Brugeois de Budget Trash, étoile montante de l’indie belge. Finaliste malheureux de l’édition 2018 du Humo’s Rock Rally, le groupe poursuit depuis sa montée en puissance en Flandres, et espère prochainement faire sauter le mur de chicon qui les empêche de venir foutre le boxon dans les salles de Bruxelles et de Wallonie. Voyez ici notre petite contribution à leur noble et remuante entreprise.

  • Omni Selassi

    Sylvester Stylonce

    Si « Sylvester Stylonce », morceau des Suisse de Omni Selassi, est un titre qui peut faire sourire, le trio de Berne ne semble pas là pour rigoler. Les deux batteurs Lukas Rutzen et Mirko Schwab tabassent ici méticuleusement les BPM tandis que la voix de Rea Dubach apporte ce qu’il faut de subtilité pop pour les porter au-delà du pur exercice de style kraut. Et la version longue du titre s’étirant sur plus de sept minutes ne rallonge pas la sauce, mais témoigne au contraire d’une énergie débordante et communicative. On en redemande.

  • Wow

    Occhi di Serpente

    Les « yeux de serpents » de Wow, groupe s’articulant autour de China Wow et Leo Non, sont la combinaison d’un chant nostalgique ancré dans la pure tradition de la pop italienne à la fragilité sourde d’un Portishead. Comme si le fameux son de Bristol avait été transposé dans le quartier romain de Pigneto. « Occhi di serpenti » est extrait de Come la Notte, le dernier album en date de Wow paru chez Maple Death Records en 2019. Un secret de romantisme sombre encore trop bien gardé que l’on se devait de vous révéler.

  • Volcan

    Les voix

    Le Bordelais Greg Vezon alias Volcan est l'une de nos jeunes pousses plutôt attirées par les machines. Nous vous avions déjà parlé au mois de mai du son bien enveloppant de sa synth-wave en version française pour présenter la sortie de son titre « Les Voix », qui figure aujourd’hui sur cette compilation. Pour son nouvel EP après Thysia sorti en 2017, c’est le label berlinois OBJETROUVÉ qui a décidé d’accompagner Volcan vers les sommets. Bien lui en a pris.